Le cinéma fait fausse route !

De même que la malbouffe à la sauce de l'oncle Sam garnit bon nombre d'assiettes et ainsi que les americano-anglicisismes font florès dans maints discours, de même aussi, le cinéma à l'américaine envahit bien des écrans. Bardés d'effets spéciaux, ce cinéma s'enlise dans des schémas stéréotypés, et nous cinéphiles invétérés et d'âge mûr, sommes démunis de ce septième art qui occupait une place à part dans nos loisirs. Aujourd’hui, l'illusion des images en trois dimensions y remplace de plus en plus la magie du lieu, la retranscription d'une belle lumière, le sortilège et l'envoûtement que peut provoquer le jeu des comédiens. Pourtant, tous ces ingrédients cinématographiques, s'associant ensemble, élaboraient cette sauce filmique qui prenaient les spectateurs. Un film se réduisant aux effets pyrotechniques, et dont le but est d'en mettre plein la vue, ainsi que la subjugation de la violence (voir le dernier film "Joker") sont extrêmement réducteurs. Pour concurrencer ces productions américaines qui sont devenues les fonds de commerce des multiplexes, les petites salles de quartiers auraient un rôle à jouer. Si ces dernières mettaient plus souvent qu'à leur tour à l'affiche des films nationaux, hors circuits ou marginaux, elles combleraient le déficit filmique. Mais que constate-t-on à Genève, par exemple ? Celles devant être dévolues à cet effet programment de plus en plus de documentaires. Or, si le cinéma a produit le documentaire, le documentaire, lui, n'y a pas place. De par son caractère informatif, il est télévisuel. Aussi, les propriétaires des petites salles obscures devraient-ils faire tourner entre elles un stock plus important de films. Or, bien des films y restent à l'affiche trop longtemps. Il conviendrait de rappeler aux pontes du septième art que le vieillissement de plus en plus marqué de la population mondiale les oblige à prendre aussi en considération les goûts des spectateurs plus âgés. Miser principalement sur une jeune clientèle qui est réceptive aux effets clinquants de leurs productions, c'est tuer la poule aux œufs d'or sur l'autel du profit à court terme.

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