le port de la kippa n’est pas un signe religieux, mais découle d’une prescription religieuse !

Suite à la décision de La Chambre Constitutionnelle de la Cour de Justice genevoise d’annuler l’interdiction faite aux députés du Grand Conseil et aux conseillers municipaux de porter des signes religieux, j’aimerais relever une ignorance qui circule dans l’esprit des gens qui ne sont pas au fait des principes de la Religion. Pour ne parler que de la religion juive, je tiens à signaler que le port de la kippa n’est pas un signe religieux, mais découle d’une prescription religieuse. Nuance donc. Les orthodoxes pratiquants qui portent la kippa ne le font pas pour se différencier du bon peuple, mais le font par obéissance à une loi rabbinique. En effet, et pour résumer, il convient de savoir qu’au temps de l’Ancien Testament, seuls les prêtres servant dans le Temple y étaient astreints. En se couvrant la tête, ils se souvenaient de l'existence de Dieu au-dessus des hommes. Le couvre-chef est ainsi devenu un symbole du respect de Dieu et un signe de piété et d'humilité. Puis, depuis le début du Moyen-âge, le port d’un couvre-chef devient petit à petit un signe de piété; si bien que le Rabbin Yossef Caro (le grand codificateur du XVIèmesiècle) va légiférer qu'il est interdit de marcher 4 coudées, soit deux mètres, la tête nue.

Le port de la kippa n’a donc aucune connotation hautaine ni exclusive.

 

 

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Commentaires

  • Juste.

    Mais ni le port de la Kippa ni le port du voile ne sont des commandements bibliques (coraniques). Un juif qui veut vivre sa religion peut très bien assister aux assemblées politiques sans ce signe ostentatoire (on ne lui demandera pas de désacraliser le shabbat). De même qu'une musulmane n'offense pas sa religion en s'abstenant de la volonté de "montrer" qui elle est d'abord et avant tout (appartenant à une communauté religieuse et, éventuellement, à une communauté de citoyens).

    Le représentant des musulmans de Genève (pour autant qu'il représente quelque chose) l'a dit lui-même: "Nous pourrons préserver notre IDENTITE." Il ne parle même pas de religion, mais bien d'identité. La volonté de la Cour constitutionnelle de ne pas discriminer les composantes de la société va donc à contre-courant du besoin urgent de RASSEMBLER les citoyens autour d'une cause commune: la République.

    De toute façon, au-delà de la discussion de fond, annuler une décision populaire est déjà un véritable scandale et ne fera qu'inciter les gens à aller encore moins voter.

  • Bien qu’elle ne soit pas un commandement biblique, elle fait partie de ces prescriptions auxquelles le juif pratiquant souscrit. Je rappelle que l’orthodoxie israélite se mesure aussi aux règles rabbiniques. D’autre part, dans l’esprit d’un juif pieux, pratiquer sa religion n’a rien à voir avec de l’ostentation, mais obéit à sa conscience personnelle. Qu’une personne se trouve offensée par la présence d’une kippa résulte de sa subjectivité, du fait qu’elle y perçoit un signe d’exclusion sociale. Aussi, considérons la port de la kippa, comme tant d’autres prescriptions religieuses. Il ne viendrait à l’idée de quiconque d’envisager, par exemple, l’observation en public de la kashrout (s’abstenir de manger de la viande de porc, etc) comme ostentatoire. La liberté de la pratique religieuse est aussi la base de la démocratie.

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