Le blog de David Frenkel

  • Nouvelle (X) Quand le rêve, mine de rien, rime et rame

    Je travaillais depuis vingt-six ans dans cette vénérable Maison. Treize sbires imbus d’eux-mêmes, au service du dieu argent, décidèrent un jour entre la poire et le fromage de sabrer dix pour cent des employés de l’entreprise. La mauvaise conjoncture économique ne devrait pas empêcher les chers actionnaires de poser leur tête sur un oreiller bien garni en billets de banque afin qu’ils puissent se prélasser dans une moelleuse abondance qui fait litière de l'humanisme à l'égo avéré.

          Il bombait le torse, le godelureau. Assis derrière son spacieux bureau, il se sentait investi par une mission divine. Ses dirigeants, se prosternant devant le veau d’or, l’avaient chargé d’établir la liste des personnes devant faire partie de la charrette. Le fruit de ses réflexions pernicieuses mûrissait dans le jardin des vieux. Pfft… « Voilà les rebuts de notre entreprise, ils coûtent chers et sont sur le déclin », se dit-il. Il les convoqua dans son bureau et leur transmit la lettre de licenciement. Agé de soixante-deux ans, je faisais partie du lot. J’en étais à ma trente-deuxième année au service de la maison. Je m’occupais de la relation avec les fournisseurs.

          J’étais projeté dans l’antre de la mort où je me voyais dépossédé de mes ambitions, de mon amour-propre. Je haïssais le regard fuyant des jeunes cadres beaux et dynamiques qui biaisaient sur leur mépris envers ma personne J’avais en horreur les airs compassés de mes supérieurs lorsqu’ils me saluaient.

          C’était mon dernier jour de travail. J’effectuais mon labeur comme un zombie, mine de rien. Guidé par un rêve, je m’acquittais de ma tâche en faisant rimer mon désespoir avec une grande musique qui ramait vers le rivage des cieux. A l’heure de mon départ, une voix de soprane emplit soudain notre bureau. Elle attaquait les premiers notes de « Là ci darem la mano », air tiré de Don Giovanni. La langue italienne ne m’était que peu familière. J’imaginais qu’elle me disait :

          – Vous ?

          Je lui répondis de ma voix de baryton :

          – Moi, bien sûr. Ce sort injuste m’appartient. Nous y seront seuls, et là, belle âme consolatrice, tu m’hypnotiseras. Là, tu me tendras la main, là, j’oublierai ma grande peine ; là, tu me diras : « je suis ici ». Cela dure trop longtemps. Partons, âme adorée, d’ici.

          Le téléphone restait étrangement silencieux. Mes cinq collègues étaient pétrifiés et ne pipaient mot. D’autres employés, chefs et directeurs avaient accourus ou restaient sur le pas de porte en me regardant avec des yeux ahuris.

          Je m’étais envolé avec le souffle de ma voix vers un amour ineffable, celui qui ignore votre corps, celui qui connaît votre douleur, cet amour empreint de douceur qui plonge votre être dans les délices d’une mélodie vous reliant à un monde où l’on pleure de joie.

          – Je voudrais, mais je ne le peux pas, répondit l’âme consolatrice. Je ne suis pas le maître de ta destinée ; tu vis encore ici-bas.

          La voix de la soprane coulait d’une émotion vers un destin intraitable. Mes yeux s’humectèrent, je lui dis d’une voix suppliante :

          – Viens ma grande âme !

          – Mazette me fait pitié, déclama-t-elle en levant ses yeux au ciel.

          Dans mon esprit, elle s’adressait à l’ineffable en disant : « cette personne sans ardeur n’est qu’une mazette, ayez pitié de lui ». Les cordes vocales de la soprane vibraient de mansuétude.

          – Oui, faites en sorte ! criai-je de ma voix de baryton

          Comme un prisonnier mû par un grand désespoir qui frappe du poing la porte de son cachot, je cognai avec ma voix la carcasse dédaigneuse dans laquelle la société m’avait enfermé en espérant que mon sursaut d’indignation rompît les chaînes qui m’attachaient à un destin rogue.

          Les ondes limpides de l’âme consolatrice vinrent caresser ma doléance. Ensemble nous implorâmes l’indicible :

          – Vite… Je n’ai plus la force.

          L’âme consolatrice m’enlaça, une lumière irisée nimbait ma tête, et devant un personnel médusé, nous nous dirigeâmes vers la porte de sortie de l'entreprise.

          – Partons, partons, je te consolerai de tes peines, d’une mort innocente, vocalisâmes-nous ensemble.

          C’était vrai. J’avais été condamné à mourir sur l’autel du profit.

          Au moment de franchir le seuil, j’aperçus quelques larmes qui perlaient sur les joues de celui qui m’avait congédié. L’orchestre mit fin à notre chant par des « si, la, si, do, ré, do, si, la, si, la », répétés deux fois, que je traduisis par cette phrase : « c’est comme ça, c’est comme ça, fallait y penser avant ».

          Appuyé sur ce rêve, je sortis pour la dernière fois de l'établissement qui m’avait employé durant plus d’un quart de siècle. Je n’avais pris congé de personne car j’étais dans un autre monde ; dans un monde de musique où l’âme dialogue avec l’homme.

     

     

     

     

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  • Ma réaction face aux propos de Paul

    Voici le commentaire que j'ai pu lire dans le billet de Pascal Décaillet intitulé Défendez la Suisse, M. Cassis !

    "l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens entretient le conflit en ne développant pas assez l'intégration des réfugiés dans les pays concernés".

    UNRWA entretiendrait le conflit dans les "pays" concernés? ah bon. Gaza est un territoire sous blocus depuis plus de 10 ans et la Cisjordanie occupée depuis 1967. Alors de quel pays il s'agit? la Jordanie je présume. En somme, à entendre certains, il faudrait laisser Israël libre de chasser les palestiniens hors de leurs terres occupées pour ensuite prétendre qu'Israël a peuplé un territoire abandonné. La bonne blague. "

    Or, Étant donné que je ne sais si ma réponse à ce commentaire sera publiée, je lui précise donc par ce billet ce qui suit :

    Les propos cités en marge ont été tenus par le Conseiller fédéral Ignazio Cassis le 17 mai 2018. ll n’a jamais dit que l’UNRWA entretiendrait le conflit dans les pays concernés MAIS QU'ELLE ENTRETIENT LE CONFLIT EN NE DÉVELOPPANT PAS ASSEZ L’INTÉGRATION DES RÉFUGIES DANS LES PAYS CONCERNÉS. Ce qui est de loin pas la même chose.

    Gaza n’est pas sous blocus depuis dix ans. Israël alimente quotidiennement ce territoire en tonnes de marchandises. Mercredi passé Israël a fait don à la bande Gaza d'un troisième générateur d'eau à la bande de Gaza  (Read more https://infos-israel.news/israel-fait-don-dun-troisieme-generateur-deau-a-la-bande-de-gaza/). En remerciement, le Hamas lui a envoyé hier soir une roquette (https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/1596391601-israel-l-alerte-a-la-roquette-retentit-dans-les-localites-du-sud). Seul un embargo sur certaines matières premières pouvant servir au creusement de tunnels d’attaque et à la fabrication des roquettes a été décidé par Israël.

    La Jordanie lors de la signature du traité de paix signé avec l'Etat hébreu le 26 octobre 1994, a abandonné toute prétention sur la Judée Samarie (nommée « cisjordanie » lors de l’occupation jordanienne de 1948 à 1967). Israël ne peut donc occuper un territoire auquel l'occupant jordanien à renoncé, et qui en plus a un nom à consonance juive !

    Israël n’a chassé aucun arabe palestinien. Deux millions de ceux ci sont citoyens israéliens à part entière. En revanche, un juif, reconnaissable à ses signes religieux, ne peut s’aventurer en Judée Samarie sous gouvernance du Fatah (selon les accords d’Oslo, car située en zone A) sous peine de s’y faire lyncher, car cette partie de la Judée doit être « Judenrein »

    N'en déplaise à Paul, son opinion a été formatée hélas par les discours des médias et des journalistes qui ne veulent inconsciemment admettre la légitimité de l’État juif.

     

     

     

     

     

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  • Serait-ce utopique ?

    A l’occasion du 1er août on pourrait aussi demander à nos autorités fédérales de mettre la pédale douce en ce qui concerne la mesure d’exception dont est victime l’État d’Israël. Que nos autorités continuent à subventionner l’UNWRA (22,3 millions de francs ont été versés en 2019), un organisme dont le but est de mettre fin à l’État hébreu en désirant le submerger à la longue de 5,6 millions de réfugiés (j’y reviendrais dans les prochaines lignes), c’est une chose, mais que dans la liste émise par l’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) concernant les personnes soumises à la quarantaine obligatoire en Suisse, car provenant des pays à risque, figurent les territoires palestiniens occupés (voir document annexé) est une mise au pilori partisane de l’État juif, et fait partie de ces mesures d’exception qui définissent l’antisémitisme.

    En effet, pourquoi ne pas avoir mis dans cette liste les territoires ukrainiens occupés  par la Russie ? En citant les territoires palestiniens occupés, l’OFSP se réfère à la Judées Samarie située en zone C et qu’Israël administre en vertu des accords d’Oslo conclus en 1993. Et ces Messieurs pourraient-ils me dire quand est ce que la Judée Samarie fut gouvernée par un État palestinien ? Il est turpide de vouloir officialiser le narratif du Hamas et de l’OLP. L’apposition du tampon J sur les passeports juifs de Suisse durant la deuxième guerre mondiale est déjà de triste notoriété. Que les autorités helvétiques n’en fasse pas derechef usage concernant l’État juif, seul pays à être qualifié officiellement par nos autorités "d'occupant, alors que des dizaines de nations dans le monde occupent des territoires.

    Par ailleurs, en ce jour de fête nationale, puissent nos chers conseillers fédéraux faire cet examen de conscience : peut-on avec l’argent du contribuable suisse soutenir une UNWRA qui ne cherche aucunement à intégrer les 5,6 millions de réfugiés, dont le statut est transmissible de père en fils, dans leur pays d’accueil (d’ailleurs, a-t-on demandé aux enfants et petits-enfant de ces réfugiés s’ils désirent venir s’établir dans un pays avec lequel ils n’ont pas d’attache ?). Ces gens sont parqués comme des annimaux dans des camps insalubres au possible (https://www.refworld.org/docid/5075533a2.html).  Alors que cesse cette plaisanterie révoltante. En soutenant l’UNWRA, les contribuables suisses font perdurer le conflit israélo-arabe ad æternam. Je rappelle qu’en juillet 2000 Ehud Barak, alors premier ministre israélien, avait mis sur la table des négociations une proposition audacieuse qui aurait fourni aux Palestiniens un État souverain indépendant dans presque toute la Judée Samarie et Gaza, sans une seule implantation juive en vue, et une capitale à Jérusalem-Est, y compris les lieux saints. Cette proposition avait échoué, car Yasser Arafat, chef de l’OLP avait exigé en plus qu’Israël accepte aussi le droit de retour pour près de 5mio de réfugiés, ce qui aurait représenté la mort pacifique de l’État juif. Oui, je le dis haut et fort : par la faute de nos autorités nous sommes, nous citoyens, complices de la perdurance d’un conflit septentenaire. Le Hamas, groupe terroriste a aussi organisé des manifestations nommées « Droit de Retour, et Mahmoud Abbas, le successeur d’Arafat, n’est pas en reste non plus.

    Je prie donc nos gouvernants de revoir leur délétère politique envers l’État hébreu. Mais je crains que ce soit utopique.

    Annexe :

    Liste en vigueur depuis le 23 juillet 2020 à minuit (voyageurs en provenance des pays suivants devant être mis en quarantaine)

    Afrique du Sud

    Arabie saoudite

    Argentine

    Arménie

    Azerbaïdjan

    Bahreïn

    Bolivie

    Bosnie et Herzégovine

    Brésil

    Cap-Vert

    Chili

    Colombie

    Costa Rica

    El Salvador

    Émirats arabes unis

    Équateur

    Eswatini (Swasiland)

    États-Unis d’Amérique (y c. Porto Rico et les Îles Vierges)

    Guatemala

    Honduras

    Îles Turques-et-Caïques

    Irak

    Israël

    Kazakhstan

    Kirghizistan

    Kosovo

    Koweït

    Luxembourg

    Macédoine du Nord

    Maldives

    Mexique

    Moldavie

    Monténégro

    Oman

    Panama

    Pérou

    Qatar

    République dominicaine

    Russie

    Serbie

    Suriname

    Territoire palestinien occupé

     

     

     

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