Le blog de David Frenkel

  • L'ombre d'une peau

    Le coup de gueule qui suit ci-après m'a été inspiré par un américain, à la peau noire, qui a trouvé hier la mort lors de son arrestation musclée dans la ville de Minneapolis au États-Unis. Le policier, à l'épiderme blanc, l'a plaqué au sol sur le ventre et l'a immobilisé avec un genou sur le cou durant de longue minutes. La victime avait beau se plaindre d'étouffer, mais ignorant ses plaintes, l'agent lui intima de rester calme... Nonobstant les alertes répétées d'un passant : « Il ne respire plus, il ne bouge plus, prenez son pouls », le flic fit la sourde oreille. Le pauvre bougre décéda peu après son transport à l'hôpital. Suite à la manifestation qui a suivi, le maire de Minneapolis a eu cette phrase : « Être Noir ne devrait pas être une peine de mort. »1)

    L'ombre d'une peau surgissant de contrées irréelles, une figure exotique émergeant des abîmes de l'effroi, pétrifie l'esprit bien-pensant, immobilise l’œil pétri d'habitudes ; l'inconduite gît sous l'épiderme, le vice se cache sous la peau.

    L'affreuse langue s’allume, un feu glacial dévore l'intrus ; la lèvre piquante s'enfonce, une marée purulente empeste l'âme ; la salive cramoisie se déverse, le verbe en sang noie l'étranger.

    Je t'aperçois, toi, mon frère, dans la froideur luciférienne ; je t'examine, toi, mon prochain, dans la tour démoniaque. Le sourire de mon âme se glace dans ta bouche ; la joie de ma peau s'assombrit de ta couleur.

    Mes cheveux crépus frisent la sinistre figure ; mes yeux bleus sur fond noir ombrent l'azur de ton jardin ; l'épatement de mon nez emplit le creux d'une raison.

    Pourtant, dans la vallée des larmes, nous perdons nos visages ; pourtant, sur la cime de l'amour, la félicité nous confond ; pourtant, dans la gueule du temps, les poussières nous rassemblent.

    Mais du tréfonds de nos entrailles, s'élèvent des races de cœurs.

    1) https://www.tdg.ch/un-noir-meurt-lors-de-son-interpellation-786309369828

     

    David frenkel

     

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  • Y aurait-il deux poids et deux mesures parmi certains redresseurs de torts ?

    Ainsi donc Joe Biden a-t-il déclaré vendredi passé à un animateur radio afro-américain, et je le cite : « Vous n’êtes pas noir si vous avez du mal à vous décider entre Trump et moi ». Cette phrase godiche et ségrégationniste recèle la théorie selon laquelle l'homme sous la couleur d'une peau ne puisse exprimer sa propre opinion, car il demeure prisonnier de poncifs attribués aux comportements de ceux qui ont l'épiderme foncé. Cette phrase renvoie aussi aux pires périodes de l'Histoire où les noirs, esclaves des colons blancs devaient obtempérer au doigt et à l’œil de leurs maîtres. Le candidat démocrate a eu beau déclarer : «Je n’aurais pas dû être aussi désinvolte», et regretter ses propos en ajoutant «Personne ne devrait avoir à voter pour un parti sur la base de sa race, sa religion, ses origines». Mais diable, comment celui qui se porte candidat pour assumer les plus grandes responsabilités du pays peut-il s'être laissé aller à des pulsions primitives et racistes ? Déjà a-t-il dû démentir l'accusation de viol formulée à son encontre par son ancienne assistante. Imaginons donc que guidé par un caractère irréfléchi et impulsif, et alors qu'il en serait le président, il fasse courir les États-Unis à la catastrophe.

    Espérons que le peuple américain saura s'en rappeler au moment où il lui sera demandé de déposer son bulletin de vote dans l'urne. Ni les excuses ni les démentis ne peuvent effacer d'un coup d'éponge la souillure verbale ou le soupçon grave envers un candidat à la présidence. Que n'aurait-on pas entendu si le candidat républicain Donald Trump, avait fait référence à la couleur de la peau de quiconque l'ayant interviewé durant sa campagne électorale ! A ce propos, prenons note de la déclaration du journaliste Bill O’Reilly affirmant en août 2019 et alors qu'il effectuait des recherches pour son prochain livre «Les États-Unis de Trump», je le cite: "on n'avait pas trouvé un seul exemple où le président discutait de la couleur de la peau d’une manière péjorative ou faisait la promotion d’une domination des blancs caucasiens."

    Par ailleurs, qu'a-t-on pas entendu lorsque la journaliste Elizabeth Jean Caroll a accusé Donald Trump l'année dernière de l'avoir violée dans une cabine d’essayage dans les années 1990, ce dont le président américain s'en était vigoureusement défendu.

    Y aurait-il deux poids et deux mesures parmi certains redresseurs de torts ?

     

     

     

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  • Le printemps d'un vieux Andalou... Le poétique virus ne nous fait pâlir, il nous fait jouir (XIX)

    Les pétales de banane se déploient

    Autour d’un amas de myrtilles

    Renflant dans l’esprit d’un vieillard.

    Il salive près de la fleur d’Andalousie,

    Près de la bannière du printemps.

    Il goûte la femme, la corolle d’antan,

    Trônant comme une friandise

    Dans la bouche du barbon

    Qui, même rongé par les vers,

    Savourera à jamais le doux souvenir.

     

    L’écume florale s’écoule du vieux ;

    Elle tachette les langues vertes

    D’un ancien tronc andalou

    Résistant aux malheurs glaciaux.

    Les fruits ovales de la plante stoïque

    Entourent le corps décharné du vieillard ;

    Le corps en poussière s’enduira de son jus ;

    L’olive verdira la nuit éternelle

    Aux aubes des éternels printemps.

     

    La fauvette andalouse redresse sa queue ;

    Le fourré peut entamer son chant.

    Sur les ailes nuptiales, la noirceur s’envole

    Vers l’allégresse des coloris.

    La grisaille du vieux se couvre de bleu,

    Son cœur s’emplit d’harmonie printanière

    Se riant de sa demeure dernière.

     

    Le pourpre enveloppe des corps de déesses ;

    Les volants des costumes se soulèvent

    Aux rythmes des flamencos,

    Le printemps leur fait écho.

    Il se déhanche avec le zéphyr amoureux

    Sur la mer andalouse peinte en camaïeux,

    Sur le bleu des tons merveilleux.

    L’âme du vieux vibre aux sons des castagnettes ;

    Le claquement des mains à la nuit du tombeau

    Transforme en chant le croassement des corbeaux

    David Frenkel

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