le cheminement égoïste et injuste des cheminots français

En observant la grève des cheminots qui a lieu en France, et sans entrer en matière sur la question de savoir si la cause est justifiée, on est amené à à découvrir une grave injustice. Dans le secteur privé, et dieu sait s’il y a matière à revendiquer, aucun syndicat n’ordonnerait de faire grève, car il sait que cela n’aurait pas un grand impact. Seuls en seraient affectés les particuliers qui s’approvisionnent auprès de l’entreprise entrée en grève; ils risqueraient d'ailleurs d’aller s’approvisionner chez la concurrence. De plus, dans un marché d’emploi saturé, les patrons auraient beau jeu de brandir l’arme du licenciement.

Il est donc inique qu’une classe d’employés, chargés de faire fonctionner un service public, prennent, par leur grève, des centaines de milliers de gens en otage, protégés qu’ils sont par un statut qui prohibe le licenciement des grévistes. Il est scandaleux que les cheminots, par exemple, fassent subir des pertes financières collatérales à ceux qui, étrangers à leurs revendications, sont dans l’attente d’un train devant leur amener à leur lieu professionnel. Si les chefs syndicalistes avaient aussi tant soit peu de sens loyal du devoir envers les citoyens, ils penseraient aux personnes pour qui la grève occasionne des préoccupations qui sont sans commune mesure avec des revendications bassement matérielles dont, rappelons-le, elles ne sont pour rien.

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