Réflexions( II) : La justice en question

La justice est-elle là seulement là pour punir ou également pour prévenir ? En d'autres termes, dans un Etat de droit, demande-t-on uniquement aux magistrats de sanctionner un individu pour le mal qu'il a causé ou pour s'assurer aussi qu'il n'en commette plus ? Et si l'on pense que le rôle des instances pénales se réduit à châtier les personnes qui ont nui aux autres, faut-il distinguer celles qui pourraient tirer bénéfice de leurs actes délictueux, et celles qui n'en tirerait aucun ? De plus, doit-on faire la différence entre les gens agissant sous l'emprise de vifs sentiments, de manière spontanée et irréfléchie, et ceux agissant par intime conviction, de façon déterminée et réfléchie ? Nous tous, nous répondrions par l'affirmative aux deux dernières questions si l'on nous les posait. Cependant, cela ne m’empêchera pas de douter sur notre capacité d'évaluer en toute objectivité la responsabilité criminelle d'un accusé. Je mets également en doute notre équité dans le cadre de la condamnation pénale. Car nous sommes tous largement influencé par notre vécu, notre sensibilité et les effets de mode. Quant à la première question, la réponse différerait d'un individu à l'autre. Pour les uns, la justice doit avoir un effet dissuasif, et quoi de plus dissuasif que le châtiment? Pour les autres, elle doit être également capable d'évaluer la capacité de récidive de ceux qu'elle condamne. S'il va de soi que l'on ne peut emprisonner à vie un cleptomane, par exemple, il en va différemment pour les criminels irrécupérables. Car si plaie d'argent n'est pas mortel, la plaie de sang peut enlever la vie à des innocents. C'est pourquoi il ne serait peut être pas faux de mettre à l'ombre, et ceci, pour le restant de leurs jours les criminels qui tuent par endoctrinement religieux. Non seulement leur pouvoir de nuisance est prodigieux, mais en plus ils sont contagieux (on pourrait envisager de mettre sur écoute les lieux qui leur sont réservés ou contrôler leurs dires sur les réseaux sociaux). A moins que ceux-ci soient d'accord de se contredire publiquement. Cette rétraction devrait alors s'accompagner d'un nombre de discours notoires prêchant la tolérance et la paix. Gardons à l’esprit que si la cartouche contient la charge d’une arme à feu, la bouche, elle, renferme les explosifs d’un dispositif froid. Et rien de mieux qu’une bouche contrite pour que la haine s’effrite. A la veille de 2020, on peut toujours rêver...

 

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Commentaires

  • Mais de quel pays parlez-vous ? Citez-vous le pouvoir judiciaire suisse ? Alors sachez simplement que l'Etat de droit n'existe pas ... en Suisse.

  • Je parle surtout des pays démocratiques, voyez l'affaire Sarah Halimi en France, lorsque l'on sait qu'avant le meurtre, l'assassin s’est rendu deux fois à la Mosquée d’Omar, rue Jean-Pierre Timbaud. Un lieu de culte réputé pour ses accointances avec les milieux salafistes, dont l’imam de l’époque a été renvoyé par le ministère de l’Intérieur, à cause de ses discours extrémistes…

  • Dans la mesure ou Mr. Henkel dit d'Israel qu'elle est la seule democratie au Proche-Orient , il est comprehensible qu'il tombe d'admiration devant "L'etat de droit" reignant dans le pouvoir judiciare Suisse.

    De toute évidence, Mr. Henkel , n'a pas compris ce que sont les valeurs de la "Democratie " et de L"etat de droit",

    En Democratie, il n'y a pas de séparation de population par la loi , par des murs visibles ou invisible ou par autres moyens, du fait de leur originie ethnique ou religieuse , sociale etc.., ....ailleurs cela s'appelait * Rideaux de Fer* ,"Apartheid" ou encore "Segregation".... mais pas "Democratie."

    Quant à l'Etat de Droit, il exige l'independence et l'impartialite des juges et rien d'autre, il n 'y a pas matière à reflechir la-dessus; , nous sommes beaucoup trop de victimes , sacrifiées par des juges et magistrats Suisses pour en temoigner du contraire.

    Finalement dans l'affaire Sarah Halimi, le meutrier a ete declaré mentalement irresponsable, il ne s'agit pas d'un crime anti-semite; tout comme dans l'affaire de l'assassinat brutal du Professeur et Physicien Guineen Mamadou Barry dans les rues de Rouen le 22 juillet 2019, l'auteur avait aussi été déclaré mentalement irresponsable, il ne s'agissait pas d'un crime raciste anti-africain. Là, non-plus il n'y pas matiere à disserter sur l'origine raciste de ces crimes.

  • @Marimiklo 1) Oui, Israël est la SEULE petite (guère plus grand que deux départements français)
    DEMOCRATIE du Moyen Orient, même si cela vous enrage !!! 2) Dans un Etat de droit, la justice s’y met au diapason. 3) Le meurtrier de Halami n’a pas été déclaré mentalement irresponsable, mais sous délire provoqué par le cannabis ; SUS AU MENSONGE QUE VOUS VÉHICULEZ !!! Et comme je l’ai écris dans mes articles précédents : Fumez donc un joint, et vous pourrez tuer des juifs... En toute impunité... Mon débat avec VOUS s’arrête là !

  • D'ailleurs, pour confirmer que vous ne dites pas la vérité voir https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/guineen-tue-pres-de-rouen-un-suspect-interpelle-1563782831 où il est clairement dit que le caractère raciste du meurtre de Mamoudou Barry a été retenu par le parquet, En outre, lisez ceci :

    Sarah Halimi:Le psychiatre Claude Bloch :
    Lettre ouverte à Madame Nicole Belloubet, garde des Sceaux, Ministre de la Justice.
    Madame La Ministre,
    Je m'appelle Claude Bloch, je suis de nationalité française, psychiatre de profession depuis 40 ans et de religion juive.
    Il va sans dire que je me suis interrogé sur l'intérêt et l'utilité d’ajouter ma voix aux nombreuses réactions d'incompréhension et d'indignation concernant ce qu’il faut bien appeler à présent « l’Affaire Sarah Halimi ». Mais, dans la mesure où je n’arrive pas à laisser cela de côté et à continuer à vaquer à mes occupations quotidiennes, dans la mesure où je me sens triplement atteint, dans ma qualité de citoyen français, dans ma profession de psychiatre et en tant que Juif, je me suis décidé à vous écrire. Je suis révolté en tant que français, consterné en tant que psychiatre et profondément blessé en tant que Juif.
    Si je me permets de vous écrire aujourd’hui, sortant ainsi du « colloque singulier » et du secret professionnel qui sied d’ordinaire à ma pratique, c’est que j’ai le sentiment persistant, depuis le 19 décembre pour être précis, que quelque chose ne va plus du tout dans la Justice de notre pays et qu’une perte de confiance en cette même Justice est en train de s’installer chez un grand nombre de français Juifs et même chez un certain nombre de français non juifs comme je le constate chaque jour d'avantage.
    Ce 19 décembre, comme nous en informait le (seul) quotidien Le Figaro, « Le meurtrier présumé de Sarah Halimi ne sera pas jugé ». La cour d’appel de Paris avait conclut à l'irresponsabilité pénale de Kabili Traoré. Toujours selon ce journal, trois expertises psychiatriques concordaient pour affirmer que le suspect avait agit lors d’une « bouffée délirante » liée à une forte consommation de cannabis. Toutefois, ces expertises divergeaient sur la question de l’abolition ou de l’altération de son discernement. La chambre de l’instruction a tranché et a conclu à l’abolition du discernement au moment des faits.
    Or, qu’entend-on par ce terme « discernement » ? Le dictionnaire Le petit Robert le définit, dans l’usage courant, comme la disposition de l’esprit à juger clairement et sainement des choses.
    Dans le manuel « Criminologie et psychiatrie », ouvrage collectif sous la direction de Thierry Albernhe, ce dernier écrit : « ….Il convient donc pour que l'irresponsabilité puisse être déclarée ou tout au moins reconnue, et ce à quelque stade que ce soit de la procédure, que les troubles de nature psychiques soient suffisamment importants pour anéantir le discernement, c’est à dire la capacité même de comprendre et de vouloir…. ».
    Dans l’ouvrage intitulé « Expertise psychiatrique pénale » sous la direction de Jean-Louis Senon, Jean-Charles Pascal et Gérard Rossinelli (Ed. John Libbey, 2007) au chapitre concernant l'appréciation du discernement, Marc Schweitzer écrit ce qui suit : « Terme non médical utilisé dans le champ juridique, le discernement ne figure ni dans les dictionnaires de médecine, ni dans les dictionnaires de psychologie clinique » et plus loin « Des recherches effectuées, il ressort que très peu d’auteurs contemporains se sont exprimés sur leur conception du discernement et sur la complexité que représente son évaluation » (c’est moi qui souligne).
    Plus loin encore Marc Schweitzer ajoute: « ….le discernement renvoie au fonctionnement psychique individuel et apparait comme une composante de l’activité de pensée (cognition-affective-émotionnelle) et aussi de la personnalité (…). Son évaluation recèle d’ailleurs bien des difficultés dans la mesure où il s’agit de tracer une « ligne de démarcation » entre les divers niveaux de discernement et les secteurs sur lesquels il s’exerce, elle pourrait alors s’appuyer sur une codification des critères, ce à quoi les recherches menées dans notre équipe s’attachent ».
    Monsieur Traoré ne comprenait-il pas qu’il allait s’introduire dans l'appartement de sa voisine Sarah Halimi, ne comprenait-il plus que c’est précisément chez cette femme là qu’il avait décidé de s’introduire en enjambant le balcon du troisième étage (quelle habileté pour quelqu’un supposé avoir perdu le contrôle de ses actes) et non pas chez sa voisine ou son voisin du deuxième étage ou du quatrième ? Voulait-il aller frapper un voisin quelconque de son immeuble ou avait-il plutôt choisi sa future victime?
    Concernant cette bouffée délirante, et comme nombre des collègues de ma génération, bien avant l’arrivée du DSM IV, j’ai étudié la psychiatrie et préparé l’Internat de Psychiatrie dans le Manuel de Psychiatrie de Henry Ey, Paul Bernard et Charles Brisset, « le Henry Ey », comme nous l’appelions à époque. Dans la sixième édition de ce fameux Manuel, la « bouffée délirante aiguë » fait partie des psychoses délirantes aiguës.
    Le tableau clinique indique que le délire éclate avec une brusquerie étonnante: « il jaillit violemment avec l'instantanéité d’une inspiration »….. « Dès son apparition, le délire est constitué, armé de toutes pièces, de pied en cap, enveloppé dès sa naissance de son cortège de troubles sensoriels, c’est un délire d’emblée ».
    Nos maîtres et les collègues plus anciens qui nous préparaient à l’Internat de psychiatrie avaient coutume de dire, comme un aide-mémoire, que la bouffée délirante s’apparente à « un coup de tonnerre dans un ciel serein »…..
    Or, le ciel surplombant Kabili Traoré était-il serein ? Non! Loin s’en faut, et tous ses antécédents nous prouvent le contraire. Son casier judiciaire est bien rempli. Il a été condamné vingt-deux fois, incarcéré quatre fois dont une fois pour une durée d’un an pour des délits tels que vol, tentative de vol, refus d’obtempérer, conduite sans permis, violences, usage et détention de stupéfiants. M. Traoré était un consommateur régulier et de très longue date de cannabis.Tout le monde sait, et M.Traoré ne pouvait l’ignorer, que les stupéfiants ont des effets dangereux sur le psychisme d’un individu.
    Vouloir nous faire croire qu’il l’ignorait c’est nous considérer, au mieux, comme des personnes naïves, ou pire, comme des imbéciles. Et ce serait nier les troubles, dont l’irritabilité, reconnus par Traoré lui-même ou les crises de rages incontrôlées rapportées par sa mère.
    Comme l’a souligné Me.Oudy Bloch, avocat de la famille de Sarah Halimi, si le discernement de M. Traoré était aboli au moment des faits, cela signifie qu’il n’avait absolument conscience de rien. Et cela est contradictoire avec l’oppression qu’il a ressenti en voyant un livre de prière en hébreu ou un chandelier à sept branches. Contradictoire avec le fait d’avoir voulu faire passer le meurtre de Sarah Halimi pour un prétendu suicide. Contradictoire également avec la conscience de vouloir fuir la scène du crime mais de ne pouvoir le faire à cause des trois étages.
    Le Dr. Zagury, dans son expertise réalisée le 4 septembre 2017 conclut à une bouffée délirante aiguë au moment des faits et il attribue ces troubles à l’augmentation de la consommation de cannabis. Le Dr. Zagury souligne dans son rapport qu’en dépit du caractère indiscutable du trouble mental aliénant, le discernement de Traoré ne peut être considéré comme ayant été aboli. La symptomatologie qu’il présente est celle de « troubles psychotiques induits par des toxiques ». Le Dr. Zagury indique que, une fois soigné, Traoré est accessible à une sanction pénale, autrement dit à un procès devant une cour d’assise.
    Une deuxième expertise psychiatrique est réalisée en mai et juin 2018 par le Dr. Bensussan et ses collègues. Cette expertise conclut à « un trouble psychotique chronique, vraisemblablement de nature schizophrénique », ainsi qu’à une addiction ancienne au cannabis, le tout sur fond de personnalité pathologique de type antisocial .
    Le rapport de cette deuxième expertise conclut à l’abolition du discernement de Traoré. Il mentionne que c’est « le seul point de désaccord avec le Dr. Zagury », alors que ce dernier n’a jamais fait mention d’une pathologie mentale préexistante.
    Ce rapport nous explique également que Traoré, comme tous les patients addicts, n’était pas aussi libre de consommer de manière délibérée et ce rapport insiste sur le fait que Traoré était inconscient des effets inducteurs (de sa prise de cannabis) sur la survenue d’un délire. Le rapport précise encore que Traoré, du fait de sa pathologie mentale, est dangereux est que, en conséquence, on ne peut pas envisager une « détention ordinaire ».
    Finalement le rapport conclut que Traoré est inaccessible à une sanction pénale : il est réadaptable, mais les soins seront longs et difficiles.
    A la lecture de ces conclusions je m’interroge. Si je ne suis pas conscient (ou prétend ne pas l’être) de toutes les conséquences possibles d’un de mes actes, alors je peux être exonéré de ma responsabilité quant aux conséquences de ces actes, quelles que soient ces conséquences, y compris l'assassinat de ma voisine Juive et le fait de la défenestrer du troisième étage.
    Or, toute personne qui consomme des stupéfiants, sait très bien que ceux-ci sont illicites, dangereux pour la santé et qu’ils vont altérer le psychisme et l’état de conscience de celui qui en consomme. C’est d'ailleurs la raison même de leur prise de ces stupéfiants. Vous me pardonnerez, j’espère, ce langage familier, Madame la Ministre, mais vous connaissez comme moi ces expressions, très couramment employées comme « se torcher », dans le cas de l’abus d’alcool ou « se défoncer » dans le cas de la prise de stupéfiants et que cet état altéré de conscience est précisément le but recherché par les consommateurs.
    Qui nous fera croire que Traoré n’était pas conscient que son psychisme serait altéré du fait de cette consommation de cannabis ? Qu’il n’ait pas expressément voulu que cette consommation excessive aboutisse à l’éclosion d’une bouffée délirante aigüe, c’est plus que probable, mais il a consciemment et volontairement pris le risque que ce trouble psychotique aigu survienne. Pourquoi la consommation, la détention et le trafic de stupéfiants sont ils, jusqu'à présent, illicites et sanctionnés pas la Loi ? Parce que l’on sait, depuis très longtemps déjà, que leur consommation risque d’avoir des conséquences dramatiques sur la santé et sur la vie elle-même.
    Un sujet « accroc » à l’héroïne qui se fait son injection quotidienne recherche l’état altéré du psychisme que va lui procurer ce « shoot ». Il sait, bien entendu, que la détention et la consommation de ce stupéfiant sont illicites. Si il est dépendant de l’héroïne depuis longtemps, il a sûrement connu des relations ou des amis qui ont fait des overdoses, dont certains ont pu réchapper et dont d’autres sont morts.
    Dans le cas du meurtre de Sarah Halimi, l’accent est mis sur l’irresponsabilité éventuelle de Traoré, liée à sa bouffée délirante aigüe, consécutive à sa consommation de cannabis en grande quantité, alors que l’accent devrait être mis, en amont, sur la responsabilité de Traoré de s'être mis de manière délibérée et consciente dans cet état-là, que sa consommation de cannabis ait entrainé une bouffée délirante aiguë ou n’importe quel autre état psychique.
    Dans le même ouvrage précité, au chapitre concernant l’abolition du discernement (p.84), Marc Schweitzer pose la question de savoir quel trouble peut abolir « c’est à dire annuler ou anéantir une capacité tel le discernement ou le contrôle de l’action ». Après avoir commencé à répondre à cette question, il écrit : « En ce qui concerne les conduites addictives, nous relevons que la jurisprudence se refuse généralement à voir dans l’ivresse une exemption de peine. L’argument avancé, maintenant repris concernant les addictions toxiques ou médicamenteuses, porte sur le fait que l'information étant de nos jours largement connue. La personne manifeste son intention de parvenir graduellement à un état source de jouissance pour elle-même mais entraînant une excitation psychique, donc une absence de contrôle des actes ».
    Nous assistons ici la à un déplacement très grave et préjudiciable du lieu où réside la question même de la responsabilité de Traoré.
    Faut-il être absolument conscient de toutes les conséquences possibles de ses actes, sur soi-même ou sur les autres, pour être considéré comme responsable des conséquences tragiques que l’acte initial, commis, en conscience et volontairement, aura entraîné ?
    Une troisième expertise a lieu en août et septembre 2018. celle-ci confirme la bouffée délirante aiguë d’origine exotique mais infirme toute pathologie mentale chronique. Elle relève la dangerosité de Traoré mais conclut que au moment des faits son libre arbitre était nul. En conséquence de quoi il n’est pas accessible à une sanction pénale.
    Il est à noter, car ce n’est pas rien, que ce troisième rapport conclut que « la distinction entre altération et abolition est difficile ».
    Nous pouvons donc constater que les trois expertises divergent quant à cette question de l'altération ou de l’abolition du discernement de Traoré.
    Me.William Goldnadel, avocat de la soeur de Sarah Halimi, nous informe qu’il a fourni à la cour d’appel un récent arrêt de la Cour de cassation précisant qu’en cas de contradiction entre plusieurs expertises, comme c’est le cas ici, il revient à la Cour d’assise d’arbitrer. Il ajoute « J’attends donc de la Cour de cassation qu’elle se conforme à sa propre jurisprudence ».
    Tous les psychiatres qui se sont trouvés face à une personne souffrant d’une bouffée délirante aigüe ont pu constaté que la conscience de ladite personne était souvent « en dents de scie », faisant alterner des périodes de lucidité avec des périodes de black out.
    Ainsi, et comme le souligne Me Francis Szpiner, une jurisprudence Sarah Halimi vient d'être créée par la chambre d’instruction de la cour d’appel. Ces conclusions, si elles étaient confirmées constitueraient un véritable « permis de tuer » des Juifs, en toute impunité, à la condition de s’être mis, au préalable et volontairement dans un état suffisamment altéré de conscience en consommant de grosses quantités d’alcool, de stupéfiants, ou mieux encore, d’un mélange des deux.
    Si cette jurisprudence venait à s’installer, il deviendrait alors très facile à n’importe quel individu éprouvant une haine farouche envers les Juifs de les assassiner..
    Mais, au-delà de l’affaire Sarah Halimi et des Juifs, c’est toute la justice de notre pays et l’ordre public qui se verraient bouleversés par cette décision si elle se voyait confirmée en cassation.
    En effet, désormais n’importe quel individu pourrait consommer chez lui, chez des amis ou dans un bar cinq ou six whiskys et « sniffer » un ou deux rails de cocaïne, puis quitter ce lieu, se mettre au volant de sa berline rapide, et une fois sur la route, provoquer un accident tuant une famille entière. Mais, compte tenu de son discernement manifestement aboli (il faut bien être un peu fou pour prendre le volant dans de telles conditions, non ?), cet individu se verrait dégagé de sa responsabilité pénale dans l’accident mortel qu’il aura causé du fait qu’il ne savait pas que ce mélange alcool-cocaïne allait lui faire avoir des hallucinations visuelles, entendre des voix et lui faire perdre le contrôle de sa voiture à cent quatre vingt kilomètres heure.
    Un homme, régulièrement violent avec sa compagne ou sa femme pourrait, dans les mêmes conditions, un de ces mauvais jours, où il aurait fumé plus de joints, (ou pris un autre stupéfiant) ou bu plus d’alcool que d’habitude, décompenser sur le mode d’une bouffée délirante aigüe et, dans cet accès de folie meurtrière passager, tuer cette femme, et se voir exonéré de sa responsabilité car il aurait perdu le contrôle de ses actes au moment des faits, à savoir le meurtre de cette femme. Après expertise, le diagnostic d’abolition du discernement au moment des faits pourrait être posé et cet individu, déclaré irresponsable pénalement serait donc non accessible à un procès ni à une sanction pénale telle que l’incarcération.
    Un autre individu, ayant lui aussi consommé des stupéfiants en quantité, et s’imaginant soudain que la foule sur cette place du centre-ville lui en veut pour telle ou telle raison et qu’il doit impérativement se défendre en lançant son camion sur cette foule, bénéficierait-il lui aussi de la même impunité de la part de nos juges qui le dégageraient de sa responsabilité lui aussi ?
    Je suis à peu près convaincu, Madame la Ministre, que ces trois scénarios heurtent à la fois votre bon sens et votre sens de la justice. Mais peut-être seriez-vous tentée de me répondre: « oui mais là, ce n’est pas pareil »…..
    Madame la Ministre, ne percevez-vous pas cette vague d’incompréhension, de consternation et d’indignation qui agite une grande partie des francais Juifs et, au-delà de cette communauté, d’un nombre de plus en plus grand de français non Juifs épris de justice?
    Chaque jour, des messages de plus en plus nombreux sur les réseaux sociaux réclament cette justice pour Sarah Halimi. Des pétitions sont initiées, dont une a recueilli jusqu'à présent quarante mille signatures.
    Je vous demande, Madame la Ministre, en mon nom propre, et au nom de toutes celles et ceux qui adhèreront au contenu de cette Lettre ouverte, de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour rendre justice à Sarah Halimi et à sa famille et d’agir de façon à ce que M. Kabili Traoré soit jugé devant une Cour d’assise.
    Le grand rabbin de France, Haïm Korsia qui, comme il l’écrit lui-même, n’a pas pour habitude de commenter les décisions de justice, vous a interpelée dans une tribune, parue dans le quotidien « Le Figaro, daté du 26 décembre. Il déplore, je le cite, « la décision tragique et ubuesque de ne pas juger l’assassin présumé de Lucie Attal Halimi ». Plus loin il vous demande « Comment ne pas s’indigner, non pas de la décision, qui est de la responsabilité des magistrats, mais que l’on empêche le procès ? (…) mais juste que vous fassiez en sorte que ces guerres d’experts ne se déroulent pas devant la chambre d’instruction, mais au cours d’un véritable procès, mais avec toute sa charge symbolique portée par le tribunal et le jury populaire. Comment envisager que le suspect puisse échapper à la justice ? ».
    Madame la Ministre, ne laissez pas s’installer ce poison du doute et de la méfiance qui inciterait une partie de la population française à croire qu’il y a désormais en France deux sortes de justice, l’une pour les criminels lambda, pour lesquels la détention et la consommation de stupéfiants ayant altéré leur discernement seront considérées comme des circonstances aggravantes et une autre justice, celle pour les tueurs de Juifs, pour lesquels la consommation de stupéfiants, pris consciemment et volontairement leur vaudra d’être dégagé de toute responsabilité et d’échapper à un procès en Cour d’assise.
    En privant la famille de Mme. Halimi d’un tel procès, on confisque à ses proches et à la société entière la possibilité que toutes les parties prenantes puissent s’exprimer et être entendues à savoir : les voisins, la police, les juges, les experts- psychiatres, la famille de Kabili Traoré et Traoré lui-même. On escamote l’unique possibilité de voir la réalité des faits avoir une chance d’être établie.
    Si, par malheur, la décision de la chambre d’instruction n’était pas annulée en Cassation, nul doute qu’un de nos intellectuels ou écrivains de grande notoriété, non juif de préférence, se sente à son tour interpellé par cette « Affaire Sarah Halimi » et qu’il se voit offrir la première page d’un grand quotidien national afin d’y publier le « J’accuse » de ce début de vingt et unième siècle, que cette Affaire Sarah Halimi mérite amplement.
    Je vous prie de croire, Madame la Ministre, en mes sentiments les plus respectueux.
    Docteur Claude Bloch.

  • Cher Mr. Frenkel, refuser de debatre n'honore en rien l' idee de Democratie que vous dites defendre.

    Je ne vehicule aucun mensonge, mais constate la simple verite evidente, que le meutrier de Mme Halimi tout comme le meurtrier de Mr. Mamadou Koulibali (Professeur noir Africain a Rouen), ont tous les deux ete declares pénalement irresponsables par la justice impartial d'un etat democratique ,apres expertise medicale.... mais les noirs de France ne sont pas decendus dans la rue pour crier au meutre raciste et au scandale!

    Quant a Israel, vous pouvez continuer a fermer les yeux, mais Israel n'est pas une democratie. On ne peut pas etre une grande democratie , ni meme une democratie quand on pratique la colonisation, l'apartheid, la segregation et meme la sterelisation ethnique.

    Oui , en effet, je voudrais juste vous rappeler le scandale de la sterelisation ethnique automatiquement pratiquée pendant des annees sur les femmes juives noires vivant sur le territoire israelien, et l'obligation de se faire stereliser pour les femmes juives noires voulant immigrer vers Israel.

    Bref, libre à vous de crier au meutre anti-semite et de proclamer la grandeur democratique d'Israel à en perdre le souffle... tout en fermant les yeux.

  • @Marimiklo ; Lisez encore ceci : 1) Pascal Tenno. Place de la République, le frère de Sarah Halimi bouleverse la manif
    5 janvier 2020

    Il existait au moins une bonne raison de se rendre à la manifestation de défense de la mémoire de Sarah Halimi, cet après-midi, à Paris: écouter le discours que devait prononcer le frère de la victime, William Attal. On sentait qu’il allait se passer quelque chose.

    On n’a pas été déçu. Toute l’assistance a été stupéfaite.

    À 14 heures, il n’y avait pas grand-monde, place de la République, pour exiger que l’islamiste Traoré soit jugé conformément à la loi, et non déclaré “irresponsable” par des experts-psychiatres et des juges soumis au politiquement correct le plus toxique, tellement conformes à la lâcheté de l’État macronien.

    À 15 heures, la foule était un peu plus dense, mais loin d’être impressionnante. La mobilisation de la communauté juive, et de tous ceux qui la soutiennent face à l’islamisme, était de toute évidence un demi-échec. Mais c’était compter sans William Attal.

    À 15 heures 30, après la séance de slogans hurlés, inhérente à toute manif, le silence se fait: un homme corpulent, âgé mais costaud, habillé de noir et portant une casquette noire, monte à la tribune. Il n’a pas de notes. Il improvise, et, sans une larme, sans un sanglot, sans un cri, sans le moindre signe d’apitoiement ni d’énervement, sans la moindre volonté de vengeance, il se lance dans un discours impressionnant, qui va tenir la foule en haleine des dizaines de minutes.
    Ce que William Attal avait à dire à la France

    Ce speech hors-normes est divisé en deux parties. La première consiste à décrire, minute par minute, détail par détail, coup par coup, le déroulement de l’assassinat, depuis la veille du crime jusqu’à la mort de Sarah Halimi. Comme souvent les victimes collatérales d’assassinats, William Attal connaît le dossier à la perfection, et il le décrit à la perfection. L’agonie de Sarah Halimi est montrée de manière chirurgicale, sans digressions: des faits, des faits, rien de que des faits. Et les faits sont terribles. La scène est d’une sauvagerie vertigineuse et la préméditation crève les yeux.

    La deuxième partie est réservée aux irrégularités de l’instruction. Et là, c’est un déluge de scandales. Les policiers, les juges, les psychiatres, tous, sans exception, ont failli. Wiliam Attal dresse la liste interminable des erreurs et des fautes de la justice française dans cette affaire. La foule est bouche bée. Les juifs de Paris ont beau s’être passionnés pour cette affaire insensée, ils sont ahuris par la quantité de manquements au bon sens, à la morale et à la loi commis par l’État.

    Et puis, il y a le moment-clé du discours. William Attal rappelle, pour ceux qui ne le savent pas, qu’un policier se trouvait derrière la porte de Sarah Halimi pendant les vingt minutes qu’a duré la séance de torture. Vingt minutes pendants lesquelles Sarah Halimi a subi vingt-deux fractures du crâne! Vingt minutes pendant lesquelles elle a hurlé de terreur et de douleur, avant d’être jetée par la fenêtre par Traoré.

    À cet instant, Wiliam Attal sort son joker: très intelligemment, très subtilement, il rappelle que la justice française a refusé d’organiser une reconstitution des faits. Et tout le monde comprend instantanément ce qu’il veut dire: il ne faut pas qu’il y ait reconstitution parce que l’État ne doit pas avoir à rendre compte de la passivité totale d’un policier parfaitement équipé pour une telle situation (William Attal a précisé plusieurs fois: “Il était armé jusqu’aux dents”), et qui a préféré ne pas intervenir.

    Le sang des auditeurs les plus lucides se glace… William Attal, qui est partie prenante de l’affaire, ne peut pas aller plus loin et dire clairement ce qu’il a en tête, mais la foule le décode sans peine. Et si toute cette machinerie judiciaire délirante avait pour but de couvrir un policier? Qui est ce policier? Pourquoi a-t-il eu peur de tuer un islamiste qui tuait une juive? Sa hiérarchie est-elle impliquée?

    Ici, il n’y a pas de complotisme. Simplement la juxtaposition de deux faits indéniables: le refus d’intervenir de la police, et le refus d’une reconstitution par la justice. Pensez que Traoré n’a été interrogé que deux mois après les faits! Et que le contenu de son téléphone n’a jamais été examiné! Il y a, de la part de la justice, un refus obstiné, littéralement pervers, de comprendre ce qui s’est passé. Et si ce refus était une omerta? Et si l’affaire Sarah Halimi était bien plus grave qu’on ne pense?

    William Attal a laissé la foule conclure par elle-même. Il est descendu de l’estrade humblement, sa mission accomplie. Il était venu informer la France de ce dont elle est malade. Sans un mot politique, ni religieux, sans une phrase méchante, sans une plainte, il a fait son travail de citoyen: dire toute la vérité, rien que la vérité, et comprenne qui pourra. Un homme, un vrai.

    Puis, le speaker a annoncé qu’un représentant de la mairie de Paris allait prendre la parole. Huée générale. Nous avons préféré quitter les lieux. Après la magistrale et tellement digne démonstration de William Attal, il était hors de question d’écouter un technocrate idéologique venu chercher le vote juif et aligner des âneries sur le vivre-ensemble. Quand on vient d’entendre ce vieil homme au cœur brisé et à la tête froide, on n’a pas envie de vivre avec le socialisme.

    Source: envoyé spécial FL24

  • Marimikko

    Israël. L’Etat hébreu n’est pas un pays d’apartheid

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    Ha’Aretz - Tel-Aviv

    Publié le 24/05/2012 - 13:02
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    Les graves discriminations subies par les Palestiniens ne peuvent être assimilées aux pratiques de l’apartheid. C’est le point de vue de deux chercheurs, un Israélien et un Palestinien.

    https://www.courrierinternational.com/article/2012/05/24/l-etat-hebreu-n-est-pas-un-pays-d-apartheid


    Nous étions deux, un Israélien et un Palestinien, à nous rendre récemment en Afrique du Sud pour parler du Moyen-Orient. Pour des raisons compréhensibles, c’est de ce pays que sont lancées une grande partie des accusations taxant Israël de pays d’apartheid. Cela s’explique par le fait que nombre de Sud-Africains, en particulier les Noirs, comparent le traitement des Palestiniens par Israël à l’histoire de leur propre pays en matière de discrimination raciale. Dans des dizaines de réunions, nous avons entendu cette accusation d’apartheid. L’apartheid n’existe pas à l’intérieur des frontières d’Israël [reconnues, de 1948]. Les Arabes sont victimes d’une discrimination, mais cela n’a rien à voir avec l’apartheid. La comparaison occulte les vrais problèmes.A mesure que nous parcourions le pays, nous nous sommes aperçus qu’à l’évidence les Sud-Africains ne connaissent généralement pas grand-chose au conflit israélo-palestinien. Mais ils ont de nombreux préjugés, nourris par les organisations férocement anti-israéliennes qui les manipulent – allant jusqu’à appeler à la destruction de l’Etat juif, à l’instar de la Campagne de solidarité palestinienne (Palestinian Solidarity Campaign), du Conseil judiciaire musulman (Muslim Judicial Council) et du Tribunal Russell [tribunal d’opinion destiné à faire pression sur l’ONU]. Les syndicats noirs ont joint leurs voix à ce chœur hostile, et même certains Juifs.Notre hôte était le Conseil des députés juifs sud-africains. Durant notre séjour, nous nous sommes rendus sur cinq campus universitaires et avons assisté à plusieurs réunions publiques. Enfin, nous avons participé à des émissions de radio, notamment sur une station musulmane.On nous a montré un courriel exhortant à manifester contre notre visite. Ceux qui sont farouchement opposés à Israël étaient visiblement furieux qu’un Israélien et un Palestinien s’expriment côte à côte en faveur de la paix. On entendait quelques commentaires acerbes, comme celui, aussi ridicule que méprisant, prétendant qu’Israël est “terrifié par quelques candidats à l’attentat suicide”, ou encore celui qualifiant de “foutaise” la qualification d’organisation terroriste attribuée au Hamas.Parmi les autres mensonges que nous avons entendus, celui qui prétend que seuls les Juifs ont le droit de posséder ou de louer 93 % des terres en Israël, et que les restrictions sur le mariage (qui en fait sont décidées par les autorités religieuses juives, musulmanes et chrétiennes) sont similaires à l’interdiction, dans l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid, des mariages – et même des relations sexuelles – mixtes.Le Conseil sud-africain des Eglises a également fait une déclaration dans laquelle il apportait son soutien à la Semaine contre l’apartheid en Israël. Il y affirmait qu’“Israël est resté le seul partisan de l’apartheid, alors que le reste du monde a pris des mesures de sanctions économiques, de boycotts et de désinvestissements pour imposer le changement en Afrique du Sud”. Ce qui est absurde. Certes, Israël a maintenu les échanges commerciaux avec l’Afrique du Sud de l’apartheid – mais le monde entier faisait de même, à commencer par les Etats arabes pour les ventes de pétrole, mais aussi les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Belgique, l’Union soviétique et beaucoup d’autres pays d’Afrique.Le mouvement BDS (Boycott, désinvestissementetsanctions)défend bruyamment sa cause et trouve une caisse de résonance dans les médias sud-africains. Durant note séjour, il a mené des actions dans le cadre de la Semaine contre l’apartheid en Israël. Mais il n’a pas trouvé un large écho parmi la population. Le mouvement clame que plus de 100 universités dans le monde ont participé aux manifestations, mais cela ne veut pas dire grand-chose : les Semaines contre l’apartheid sont organisées depuis huit ans, et sur la centaine qui se sont tenues cette année, 60 l’ont été sur des campus américains (sur un total de 4 000 aux Etats-Unis). Furieux qu’un Israélien et un Palestinien s’expriment côte à côteNous n’avions pas prévu ce que nous allions dire. Mais nous nous étions mis d’accord sur plusieurs points. En premier lieu, nous avons évoqué avec pessimisme les perspectives de paix dans un avenir proche. En second lieu, nous avons, chacun de notre côté, fustigé nos dirigeants respectifs pour leur double langage et leur hypocrisie, pour leur manque d’audace et de vision. Nous avons dénoncé la multiplication des colonies juives en Cisjordanie qui, selon nous, sapent les chances de parvenir à un accord de paix.Nous avons insisté sur le fait que nous nous félicitons de l’intérêt manifesté pour notre partie du monde – mais nous avons regretté que certains membres de mouvements de solidarité avec les Palestiniens n’aient jamais visité les territoires occupés [en Cisjordanie]. A notre avis, ils desservent ainsi la cause palestinienne à l’étranger, parce qu’ils agissent sans connaître les tenants et les aboutissants du problème, et aggravent la haine entre Arabes et Juifs. Ils n’aident pas à instaurer la paix.Notre rencontre la plus curieuse a été celle avec des Congolais qui nous ont demandé d’expliquer pourquoi le conflit dans leur pays – qui a fait sans doute plus de 7 millions de morts – retient moins l’attention des médias d’Afrique du Sud et d’ailleurs que la lutte entre Israéliens et Palestiniens. Il nous était pénible d’écouter le récit interminable de viols et de meurtres. Mais il était difficile de sympathiser avec eux quand l’un des intervenants en rejetait la faute sur les Juifs, qui, à l’en croire, contrôlent le monde et les médias.Le dossier du nucléaire iranien est depuis longtemps posé sur le bureau de la Maison-Blanche. Et cela fait autant de temps que la question des frappes préventives contre les installations iraniennes par Israël y est étroitement associée. La propagande israélienne, à l’intérieur et hors du pays, a visé à faire passer l’Iran pour “la menace numéro un pour la communauté internationale”. Mais, après tous ces efforts diplomatiques, médiatiques et politiques, après toutes ces menaces contre nous, une seule question se pose : pourquoi donc Israël n’attaque-t-il pas ?Si, malgré sa force militaire évidente, Israël n’attaque pas, c’est pour quelques raisons bien simples. D’abord, Israël n’a pas idée de ce que pourraient être les conséquences d’une telle attaque, en Iran et dans tout le Moyen-Orient. En combien de temps Téhéran serait-il susceptible de répondre à une attaque de missiles israéliens ? Est-ce qu’une réponse se ferait par le biais d’une invasion du nord du pays par le Hezbollah libanais ? Les Palestiniens de Gaza se soulèveraient-ils ? Dans combien d’endroits les feux s’allumeraient-ils ? Ensuite, Israël sait très bien que l’Iran maîtrise à présent le cycle d’enrichissement de l’uranium et que nous avons atteint un point de non-retour. Dans le meilleur des cas pour Israël, une attaque ne ferait que ralentir notre programme nucléaire.De plus, chaque fois qu’Israël s’est aventuré dans une guerre, le régime bénéficiait d’une relative tranquillité sur le front intérieur. Dans le cas d’une confrontation avec l’Iran, la politique intérieure israélienne pourrait elle-même devenir une scène de guerre. Si toute la classe politique s’inquiète du programme nucléaire iranien, seuls Benyamin Nétanyahou, le Premier ministre, et Ehoud Barak, le ministre de la Défense, sont réellement partisans d’une action militaire. Les doutes exprimés par des personnalités comme Meir Dagan, l’ex-directeur du Mossad, montrent à quel point il n’y a pas de consensus sur la nécessité d’une attaque contre l’Iran au sein des élites dirigeantes du pays. L’économie israélienne n’est pas non plus en mesure de faire face aux conséquences destructrices d’une guerre, comme le montrent les rapports rendus publics par la banque centrale et le ministère de l’Economie.Enfin, il ne faut pas minimiser l’opposition des Etats-Unis à toute action de l’armée israélienne. Obama reste convaincu que l’issue sera diplomatique et que le meilleur moyen de pression contre l’Iran reste les sanctions.
    Benjamin Pogrund et Bassem Eid*
    Source

  • : Marimikko 3) et loin de moi l'idée que Israël est un pays parfait, qu'il n'y ait pas des dérapages racistes comme dans tous les pays du monde, mais de là à le diaboliser il y a une marge !!!

  • 4) Marimikko L’invention onusienne du concept de « territoires palestiniens occupés »

    Le 3 décembre 2019, l’Onu a adopté « ses résolutions annuelles » sur la question de la Palestine. Dans celle qui porte le nom « Règlement pacifique de la question de Palestine », l’Assemblée générale demande aux États de « ne reconnaître aucune modification du tracé des frontières d’avant 1967, y compris en ce qui concerne Jérusalem, autres que celles convenues par les parties par la voie de négociations, notamment en veillant à ce que les accords avec Israël n’impliquent pas la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur les territoires qu’il a occupés en 1967 » (sic). Il convient donc de revenir sur cet extraordinaire tour de passe-passe qui a permis à l’Onu de transformer les « territoires jordaniens » de 1967, en « territoires palestiniens occupés en 1967 ».

    A la suite des différents accords d’armistice (signés en 1949), entre Israël et les pays arabes (qui n’ont pas réussi à le détruire), il était question de trouver une solution pour les « arabes de Palestine » : c’était l’objet de la Conférence de Lausanne, tenue entre le 27 avril et le 12 septembre 1949.

    Cette conférence a échoué eu égard, notamment, à la division des Etats arabes. La Transjordanie (qui avait signé l’accord d’armistice avec Israël le 2 avril 1949) en a profité pour s’accaparer la Cisjordanie, avec l’aval de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, qui ont, finalement, admis que l’incorporation de la Palestine mandataire à la Jordanie était la meilleure option. C’est ainsi qu’en décembre 1949, le Roi de Transjordanie, l’Emir Abdallah, a fait adopter une Loi lui accordant tous les pouvoirs sur l’ancienne Palestine mandataire, faisant de lui, le Souverain de Cisjordanie.

    Ainsi, et dès mars 1950, le Royaume Hachémite a interdit de mentionner « Palestine » et « Transjordanie », en tant que territoires distincts : les deux régions devaient, désormais, être reprises sous les mentions « West Bank » et « East Bank » du Royaume hachémite. La réunion des deux rives au sein du Royaume hachémite a finalement été décidée le 24 avril 1950 (à la demande, d’ailleurs, d’un groupe de députés palestiniens), ce qui a formalisé l’annexion définitive de la Cisjordanie au nouvel Etat : le Royaume Hachémite de Jordanie. De chaque côté du Jourdain, les systèmes administratif et juridique sont devenus identiques.

    Certains arabes de l’ancienne Palestine étaient hostiles, tant à cette réunification des deux régions, qu’au principe de négociations entre le Roi Abdallah et « l’entité sioniste ». L’un d’eux a donc (technique récurrente) assassiné le souverain Hachémite Abdallah 1er (le 20 juillet 1950), alors qu’il se rendait à Jérusalem.

    De même, la Ligue Arabe n’était pas favorable à ce regroupement, en ce qu’elle permettait la conquête d’un territoire de l’ancienne Palestine mandataire par l’un des belligérants de 1948. Elle était, en revanche, partisane de la création d’un Etat pour les arabes de l’ancienne Palestine mandataire. A titre de rétorsion, elle a alors envisagé (en mai 1950) l’exclusion du Royaume Hachémite de la Ligue arabe (obligeant Abdallah à cesser toute négociation avec Israël). En tout état de cause, dès avril 1950, la Cisjordanie était une partie du Royaume de Jordanie.

    Mieux, l’Onu a, le 14 décembre 1955, intégré la Jordanie parmi les Nations Unies, sans jamais contester l’annexion de la Cisjordanie au Royaume Hachémite. Autrement dit, la communauté internationale a accepté, implicitement, le principe d’une souveraineté jordanienne sur la Judée Samarie, sans sourciller.

    Certes, les arabes de l’ancienne Palestine continuaient de revendiquer une identité propre : Yasser Arafat, a donc, depuis l’Egypte, créé l’Organisation de Libération de la Palestine, en 1964. Le Roi Hussein de Jordanie (qui a succédé à son grand père) ne s’est pas opposé à l’organisation du Premier Congrès national palestinien à Jérusalem (qui a adopté la Charte, le 28 mai 1964) : à cette époque, l’Olp ne contestait pas la souveraineté jordanienne sur la Cisjordanie. Par la suite, les palestiniens se sont radicalisés, et constitué un Etat dans l’Etat. Le Roi Hussein de Jordanie a donc été contraint de mener une opération musclée en « septembre 1970 » (éliminant des milliers de palestiniens), avant de chasser Yasser Arafat au Liban.

    Ainsi, lors de la victoire contre les pays arabes (en juin 1967), l’occupation par Israël de la Bande de Gaza, du Sinaï, de la Cisjordanie, et du Golan, ne concernait que des territoires, égyptien, syrien, et Jordanien, et non palestiniens. De même, lorsque la résolution 242 de l’Onu (novembre 1967) a exigé d’Israël qu’il se retire des « territoires occupés », il s’agissait des territoires syriens, égyptiens et jordaniens.

    Pour autant, et tout au long des années 70, l’Onu a adopté de nombreuses résolutions rappelant la nécessité pour les palestiniens d’exercer leur droit à l’autodétermination (la plus importante : résolution 3236 du 22 novembre 1974).

    La situation a, ainsi, perduré jusqu’au 31 juillet 1988, lorsque le Roi Hussein de Jordanie a renoncé à sa souveraineté sur la Cisjordanie. Les territoires, anciennement jordaniens, sont alors devenus « sans maître », c’est-à-dire sans la moindre souveraineté étatique (en dépit de la présence militaire israélienne).

    Mesurant le danger de cette renonciation (par la Jordanie à la Cisjordanie), Yasser Arafat s’est empressé de proclamer l’indépendance de l’Etat de Palestine (le 15 novembre 1988) sur ces terres. Cette décision n’était, toutefois, que symbolique puisque chassé du Liban en 1982, Arafat s’était réfugié en Tunisie.

    Etrangement, l’Onu a, dans sa résolution 43/177 du 15 décembre 1988, « pris acte de la proclamation de l’État palestinien par le Conseil national palestinien le 15 novembre 1988 » et décidé que la désignation de «Palestine» devrait être employée au sein du système des Nations Unies au lieu de la désignation «Organisation de libération de la Palestine» (pour éviter de reconnaître une organisation terroriste).

    Par la suite, et contre toute attente, l’Assemblée générale a (dans sa résolution n°58/292 du 14 mai 2004,) compilé toutes les décisions antérieures (précitées) et décidé d’instituer la notion de « territoires palestiniens occupés, incluant Jérusalem-Est », assise sur les territoires jordaniens occupés en 1967 (sic), alors même que la Palestine n’était pas reconnue, qu’elle ne dispose d’aucun territoire et que le pouvoir des palestiniens ne s’exerce que sur les seules zones A de Cisjordanie (20% du territoire), et partiellement sur la zone B (20%), en vertu des accords de paix d’Oslo.

    Ce faisant, l’Onu a contredit sa propre reconnaissance de l’Etat de Jordanie du 14 décembre 1955, puisque la Cisjordanie en faisait partie. Depuis, elle s’accroche à cette doctrine absurde de 2004 et rappelle, dans chaque résolution anti israélienne, l’existence de cette « occupation israélienne des terres palestiniennes » (bien qu’elles ne l’aient jamais été), sans même tenir compte de la décision jordanienne de 1988 et des accords d’Oslo. L’Onu a ainsi pu substituer le conflit israélo-palestinien, au conflit israélo arabe, et reporter la responsabilité du conflit… sur Israël. C’est habile.

    Si l’Homme a été crée à l’image de D, rien ne l’autorise à inventer des concepts faux, à manipuler l’opinion internationale autour des principes insensés qu’il a posés comme étant Vérité universelle, et à se trouver un nouveau prétexte pour stigmatiser Israël, en les invoquant.

    Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

  • Et encore ceci pour clore le débat Marimikko qui vous montre qu'il faut nuancé toute information, et surtout je le répète cessez de prendre en grippe à longueur de médias le seul peti Etat démocratique du Moyen-Orient la preuve : les israéliens seront appelés en mars une troisième fois aux urnes. citez-moi un seul pays arabe qui pourrait le prétendre.

    Publié le 31 Décembre 2012
    Comment une erreur de vocabulaire transforme un article* en véhicule de haine

    Par David Coeffic

    Le choix d’un mot n’est pas neutre. Il relie l’esprit du lecteur à un champ de représentation mentale et morale.

    Un article de Haaretz accuse les autorités israéliennes de stérilisation forcée sur des femmes d’origine éthiopienne.



    Le mot stérilisation, en français ou dans la langue de Shakespeare, ne souffre aucune équivoque : il désigne le fait d’empêcher la procréation avec une intention définitive. Il faut lui opposer la notion de contraception, qui est une méthode temporaire.



    Tout le reste de l’article va dans le sens de cette supposée volonté de stérilisation, appuyé par un vocabulaire faisant appel au registre émotionnel.



    Ainsi on peut y lire que l’affaire est « difficile à croire dans un pays comme Israël en 2012 ». Puis l’auteur relie cette pratique à une « expérience » menée dans les années 60, sur les populations noires en Géorgie (USA), sans citer de source bibliographique.



    Elle explique également que le motif des autorités israéliennes (lesquelles?) était la difficulté d’intégration de ces populations. On y lit ensuite des expressions comme “ghetto ”, “étranglement bureaucratique” de l’absorption des nouveaux immigrants, et “contrôle de la vie” des nouveaux immigrants.



    Il ne m’appartient pas ici de juger si l’intégration des différentes alyah de masse après la création de l’état d’Israël s’est partout et toujours déroulée selon des standards éthiques impeccables, il y a d’ailleurs de nombreux débats en Israël à ce sujet. Que ce soit pour les populations yéménites, marocaines ou plus récemment russes, on sait qu’il y a eu de nombreuses maladresses d’ordre culturel, et qu’Israël apprend des ses erreurs par le débat permanent au sein de sa société.



    Mais l’affaire décrite, qui touche les migrantes éthiopiennes, est bien plus grave. Ces femmes ont reçu des injections de Depo-Provera qui les auraient « stérilisées ».



    Qu’est-ce que le Depo-Provera? Il s’agit d’un médicament contraceptif de la classe des progestatifs, administré par injection intramusculaire tous les 3 mois. Ainsi, la période de contraception prodiguée ne dépasse pas les 3 mois. Ce médicament a reçu une autorisation d’utilisation dans la plupart des pays, dont la France. Son usage est réservé aux patientes qui ne peuvent pas bénéficier d’une contraception classique, soit par contre indication à la pilule (il y en a beaucoup !), soit par impossibilité de poser un stérilet dans des conditions raisonnables d’asepsie et de confort. Les effets secondaires sont les mêmes que toutes les méthodes contraceptives hormonales, modification du cycle, surcharge pondérale, et sur le long terme, modification de la densité osseuse. Il n’y pas d’effets secondaires originaux spécifiquement associés à ce médicament, ni de scandale sanitaire rapporté dans la littérature scientifique.



    C’est un contraceptif, avec des indications médicales ou sociétales particulières. Ce n’est pas un stérilisant.



    On peut discuter de la politique de planning familial des autorités israéliennes vis-à-vis des populations migrantes, s’interroger sur la stratégie de sélection des 40 femmes qui ont été traitées par ce médicament et sur l’existence et la nature du consentement recueilli : l’article ne discute pas ce sujet, il instruit à charge.



    On peut aussi s’interroger sur la nécessité de cette politique de planning, tout en sachant que les femmes traitées se trouvaient dans des conditions particulières, soit pendant leur transfert en Israël (voyage très difficile à certains moments de l’alyah éthiopienne), soit pendant la phase de primo-intégration, mais on est déjà bien loin de l’idée de complot et de la volonté de stérilisation de toute une population.



    L’article n’a heureusement pas été beaucoup repris dans les médias internationaux, mais il a suscité des protestations légitimes chez ceux qui l’ont lu et qui l’ont cru. La stérilisation des femmes éthiopiennes évoque vite les stérilisations forcées effectuées par les nazis.



    Il a été discuté dans les forums sociaux, blogs et dans les sites spécialisés dans la critique systématique d’Israël.



    Il y a ainsi une référence dans la rubrique « racisme en Israël » dans le Wikipedia en anglais. On notera également une traduction littérale de l’article sur le site Mediapart par un membre de la CAPJPO-Europalestine.



    Sur le site Iran Radio Islam en français, on peut lire que certaines femmes sont mortes à cause des injections, ce qui n’est même pas mentionné dans l’article d’Haaretz. Le sujet a aussi été repris sur le site de « The National », organe de la gauche radicale américaine, qui reprend la thèse de l’état israélien raciste voulant contrôler le nombre de naissance dans la population noire.



    Une fois qu’on a qualifié de “stérilisation” ce qui est un simple traitement contraceptif réversible, on peut facilement faire remonter à la surface les stéréotypes de l’Israélien néocolonial et raciste.



    L’auteur de l’article n’est ni journaliste, ni médecin; elle est probablement une militante respectable de la cause éthiopienne, et elle fait une terrible confusion. Un journal aussi réputé que le Haaretz aurait dû réparer cette confusion s’il voulait absolument publier cette tribune. Au lieu de quoi, il l’a aggravée en titrant sur la “stérilisation” des femmes éthiopiennes. Par désir de spectaculaire, par volonté de nuire ou par une négligente ignorance?



    En tout cas une bien mauvaise action.



    À mal nommer les choses...



    * Haaretz, édition anglaise du 12 décembre 2012, « Israel's Ethiopians suffer different 'planned' parenthood. The revelation that Israel is sterilizing Ethiopian women adds to a shameful history of abuse of powerless women and communities. Par Efrat Yardai ».

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