Quand l’hymne à la joie fait rêver les isolés [Le poétique virus ne nous fait pâlir, il nous fait jouir III]

Les êtres qui sont confinés

Ne se laissent pas dominer

Par un virus machiavélique

Qui les rendraient mélancoliques,

Car cantonnés dans leur demeure

Ils rêvent de belle clameur.

......................

 

Soudain des gens sur le balcon

Sortent de leur triste cocon,

Et chantent mélodieusement

L’hymne à la joie. Du firmament,

Beethoven, de sa surdité,

Élève la félicité.

 

Que la joie divine étincelle

Chantent les voix de violoncelles ;

Du joyeux hymne on peut extraire

« Tous les hommes deviennent frères ».

 

Aussi peut-on y ressentir

Ces mot qui ne peuvent mentir :

"Si le virus las nous sépare,

Unissons les amours épars

Sous cette ode jubilatoire

Aux rêveries prémonitoires :

 

Les âmes forment un seul dieu

Où brillent des myriades yeux

Buvant la parfaite allégresse

Des mamelles de la tendresse."

 

De quelques balcons retentit

L’impénétrable ressenti

De Beethoven, le musicien,

Composant l’hymne pour les siens,

Ces gens de bonne volonté

Donnant l’amour à satiété.

......................

 

C’est ainsi qu’ils vivent chez eux,

Rassérénés comme pas deux.


David Frenkel

Lien permanent 3 commentaires

Commentaires

  • Bravo David !

  • Bien dit! Bien vu!

  • Très beau,
    "Mais Dieu se rit des prières qu'on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s'oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. Que dis-je ? quand on l'approuve et qu'on y souscrit, quoique ce soit avec répugnance."
    ... Jacques Bénigne Bossuet Histoire des variations des Eglises protestantes (1688) de Jacques Bénigne Bossuet

    Oui, l'hymne à la joie fait rêver les européens. Il leur appartient.
    Beethoven leur a été volé, comme leur drapeau.
    Aujourd'hui, les Italiens abandonnés par l'UE et les Européens, chantent leur hymne national en brûlant ce drapeau étoilé qui les a trompé. Je n'ai pas attendu le coronavirus pour le haïr.
    Comme sur un champ de bataille, nous irons récupérer, et notre hymne à la joie et notre drapeau.
    Dommage, vous avez un réel talent de poète. Un autre poème s'impose.

Les commentaires sont fermés.