Le printemps d'un vieux Andalou... Le poétique virus ne nous fait pâlir, il nous fait jouir (XIX)

Les pétales de banane se déploient

Autour d’un amas de myrtilles

Renflant dans l’esprit d’un vieillard.

Il salive près de la fleur d’Andalousie,

Près de la bannière du printemps.

Il goûte la femme, la corolle d’antan,

Trônant comme une friandise

Dans la bouche du barbon

Qui, même rongé par les vers,

Savourera à jamais le doux souvenir.

 

L’écume florale s’écoule du vieux ;

Elle tachette les langues vertes

D’un ancien tronc andalou

Résistant aux malheurs glaciaux.

Les fruits ovales de la plante stoïque

Entourent le corps décharné du vieillard ;

Le corps en poussière s’enduira de son jus ;

L’olive verdira la nuit éternelle

Aux aubes des éternels printemps.

 

La fauvette andalouse redresse sa queue ;

Le fourré peut entamer son chant.

Sur les ailes nuptiales, la noirceur s’envole

Vers l’allégresse des coloris.

La grisaille du vieux se couvre de bleu,

Son cœur s’emplit d’harmonie printanière

Se riant de sa demeure dernière.

 

Le pourpre enveloppe des corps de déesses ;

Les volants des costumes se soulèvent

Aux rythmes des flamencos,

Le printemps leur fait écho.

Il se déhanche avec le zéphyr amoureux

Sur la mer andalouse peinte en camaïeux,

Sur le bleu des tons merveilleux.

L’âme du vieux vibre aux sons des castagnettes ;

Le claquement des mains à la nuit du tombeau

Transforme en chant le croassement des corbeaux

David Frenkel

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