Un ignoble fait divers

Une vieille à la taille élancée,
Qui pour son âge est bien balancée,
Arborant une tête chenue,
Se rendait dans la grande avenue
Pour aller  boire un verre de thé
Dans un bistrot, hiver comme été.
J'y suis aussi un habitué,
Et on s'était toujours salué.
Un jour, je ne l'ai pas vu venir
Perplexe, je m'enquis pour finir
Auprès de sa fidèle copine.
Une femme vivant de rapine,
M'a-t-elle dit d'une voix plaintive
Et par moments vindicative
L'a crapuleusement agressée
Jeudi de la semaine passée ;
Elle en voulait au petit pécule
Qui nichait au fond du réticule.
S'agrippant a la saillie d'un mur
Mon amie s'est brisé le fémur
Après que la fripouille notoire
L'a projeté contre le trottoir.
Elle gît dans un lit de douleur
Et maintes idées noires l'effleurent.

Puisse l'agression ignominieuse
Hanter les nuits de la femme odieuse
Que les maux de la vieille innocente
Se transforme en flamme incandescente
Se consumant éternellement
Dans des remords tournant en tourments.

Puisse la vieillarde endolorie
Trouver au plus vite l'euphorie
Qui s'exhale d'un tendre sourire
Venant soudainement vous nourrir,
Qui suinte d'un œil affectueux
Vous rendant d'un coup plus vertueux.

 

 

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