Le coeur orchestre

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La vie donne le départ

A la force de la nature.

Battant le sang d’une création

Élaboré au cœur de l’inconnu,

 

Le cœur d’un nouveau venu

S’associe pour le meilleur

Et le pire surgissant d’ailleurs

Aux graines de l’amour.

 

Au service d’un écuyer,

D’une tête ambitieuse,

Montée sur un pur-sang,

Le cœur galope dans un stade.

 

A la botte de la contrariété,

Sous le fouet de la rebuffade,

Le cœur suit à un rythme effréné

L’invective ou l’agression

Et décélère au pied du défoulement.

 

Le cœur ne franchissant pas

La porte de la misère,

Le cœur ne fondant pas

Devant l’enfer d’autrui,

Se pétrifie dans la cavité glacière.

 

L’homme tâte le pouls du sentiment

En prenant un cœur par le bagout.

 

Le regard, miroir du cœur,

Transforme le battement en étincelles ;

Les lèvres sous les palpitations

Remuent la passion.

 

La bouche crache le cœur léthargique

Sur l’attitude éloquente ;

La pupille inexpressive

Freine l’ardeur de l’autre cœur.

 

Le cœur orchestre

Dirige la symphonie du destin ;

La gamme des vicissitudes y défilent ;

S’étalant sur trois mouvements,

Elle divise l’âge des vivants.

 

David Frenkel

(Publié aussi sur le site De Plume en Plume qui en a fait gracieusement l'illustration et la dédicace)

 

https://www.youtube.com/watch?v=lX1GsQ-kk0w

Bach  Concert Brandebourgeois n° 2 1er mouvement

 

 

Lien permanent 4 commentaires

Commentaires

  • Un très beau poème, cher David, merci beaucoup. Il est tellement important de ressentir de l'humanité pour autrui !

  • Le cœur des poètes, celui des sentiments, le siège de l’âme selon les Anciens, le cœur enchanté de tous les écrivains et auquel vous brodez votre belle élégie, ce cœur organe, les gens de médecine ne l’observent pas moins fascinés.

    Le départ de la vie, la pulsation dès la 3e semaine, dérivant d’une dilatation du tube primitif de l’embryon, la différentiation en trois mois amenant la segmentation des cavités, l’anatomie fonctionnelle assurée pour la vie du fœtus, du nouveau-né jusqu’à son dernier souffle….. Et tout cela va durer pour un homme ou une femme de 90 ans, à 70 pulsations par minute en moyenne, faites le compte, plus de 3,3 milliards de fois, sans défaillance majeure… quand tout se passe bien. Il y a bien sûr des failles, des accrocs, des bugs dans cette morphogenèse sophistiquée et son fonctionnement, mais le plus étonnant quand on l’étudie, c’est qu’il n’y en ait pas davantage.

  • Merci Gislebert pour ce commentaire diablement bien fourni !

  • "... commentaire diablement bien fourni!"

    :) C'est du Gislebert!

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