Le blog de David Frenkel - Page 5

  • FÊTONS LES MAMANS Le poétique virus ne nous fait pâlir, il nous fait jouir (XV)

    Le ventre de la maman s’enjolive

    Son giron s’arrondit comme une olive

    Quand les graines de la passion bourgeonnent

    La maman de bonheur se badigeonne

    Maints et mains rayons de félicités

    Dardent d’une femme en maturité

    Ils adoucissent l’ombre de douleur

    Ravalée lorsque naît l’amour en fleur

     

    L’enfant vagit sur le cœur de sa mère

    Bien des vicissitudes éphémères

    En larmes s’épanchent de ses prunelles

    L’enfant guette la phrase maternelle

    Le consolant des petites misères

    Mais quand la mère affronte le désert

    De l’âge bête de l’adolescence

    La pauvre cogite dans tous les sens

    Cherchant une source d’apaisement

    Dans la conduite de son garnement

    La maman soucieuse d’éducation

    A pour son chérubin de l’ambition

    Lorsque la génitrice est exhaussée

    Sa douce figure s’est crevassée

     

    Et lorsque l’enfant atteint l’âge adulte

    La maman n’échappe pas aux tumultes

    S’échappant de la vie de son enfant

    Du gai bonheur au malheur étouffant

    Tous frappent à la maternelle porte

    L’humeur de l’enfant elle le supporte

     

    Enfant fête ta maman héroïque

    T’ayant enfanté de façon stoïque

    Enfant fête ta mère consolante

    Elle a bercé tes peines insolentes

    Enfant fête ta maman résistante

    Toi qui décevait souvent ses attentes

     

    Enfant j’ai la chance d’avoir vieilli

    Sur tes tendres printemps que j’ai cueilli

     

    David Frenkel

     

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  • La reculade de Alain Berset

    Le nombre d’infections dû au coronavirus, repart hélas à la hausse. La Suisse comptait hier 66 nouveaux cas de coronavirus, et aujourd'hui elle en dénombre 81. A l'heure actuelle, 1526 personnes sont décédées en lien avec un COVID-19 confirmé. Dans ces conditions, je ne comprends pas que GastroSuisse ait obtenu d’Alain Berset que ses membres ne soient plus dans l'obligation de saisir d’identité de leur clientèle, et que cela se ferait au bon vouloir de celle-ci.

    Il est curieux qu'une telle mesure ait soulevé un tel tollé lorsque l'on sait :

    1) que pour réserver une table dans maints établissements gastronomiques, on est déjà tenu de décliner son identité et même parfois à communiquer son no de téléphone,

    2) que le traçage de votre vie privée existe déjà sur Google et sur maints réseaux sociaux,

    3) qu'après 14 jours, les établissements de boisson et de restauration auraient été dans l’obligation d’effacer toutes les données individuelles récoltées,

    4) que la connaissance des dites données permet de préserver sa vie ainsi que celle des autres.

    Déjà, me demandé-je si les distanciations sociales et l’hygiène pourront être pratiquement et soigneusement respectées non seulement dans certains bistrots de quartiers, si jamais ils devaient rouvrir, mais aussi dans certains restaus. Peut-on placer en permanence un garde-chiourme de l’État devant chaque troquet ? .

    Dans le journal Le Temps Adrian Lobsiger, préposé fédéral à la protection des données, prétend qu’il n'y a pas de base légale fédérale pour imposer aux restaurateurs une obligation d'exiger de leurs clients de fournir des données personnelles. Je lui rétorquerais que s'il en est ainsi, imposer, par exemple, une distanciation de 2 mètres entre chaque client dans les restaurants n'a non plus de base légale. En outre, ce préposé fédéral devrait savoir que pour faire face à une situation urgente, le Conseil Fédéral se doit d'agir en urgence. Je déplore donc hautement la recualde intempestive de Alain Berset en la matière. Il aurait pu attendre pour annuler la mesure qui fâche. En effet, selon les dires du même Adrien Lobsiger dans le même journal, la version de l'application DP3T permettant de retracer les chaînes d'infection au covid-19 va être prête à l'emploi d'ici à la fin du mois. En attendant, pouvoir contacter, grâce aux coordonnées fournies, celui qui a côtoyé un infecté, relève de la responsabilité morale d'un conseillé fédéral.

     

     

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  • Utopies... Et utopies

     

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    Il y a toutes sortes d’utopies ; en général ils ont ceci de commun : celui d’aspirer au meilleur. L’utopie est synonyme de rêverie. Cependant, si la rêverie concerne l’amélioration matérielle de l’humanité, l’utopie ne peut se définir ad æternam comme telle. En effet, nombre de découvertes scientifiques et de défis qualifiés à une certaine époque d’utopiques sont devenus des réalités. En revanche, si la rêverie à trait à l’amélioration morale collective, alors l’utopie est éternelle. Ni l’ambition individualiste ni l’ambition matérialiste ne peuvent être éradiquées sous prétexte qu’elles seraient source de déviation vers le mal, car elles sont le moteur de la pérennité humaine et économique. Sans idéal individuel, aucune invention, aucune création n’auraient vu le jour. C’est la poursuite d’un dessein indépendant qui donne du piment à la vie des individus et qui permet à l’humanité de ne pas sombrer dans la décrépitude. Sans visée d’accroissement de richesse, nul progrès substantiel du bien être ne pourrait être concrétisé. Dans une société économiquement égalitaire, seule une minorité trouverait un intérêt narcissique à œuvrer pour le bien de l’humanité. Il est donc objectivement utopique d’imaginer une civilisation qui canaliserait les ambitions et les idéaux uniquement à des fins productives et constructives. Et aussi élevé que soit un idéal, l’imposer de force, il engendre le mal. Le communisme en est l’exemple le plus frappant : basé sur l’altruisme , allant à l’encontre de la nature humaine, il a été mis en place de manière autoritaire et est devenu source de dérives agressives, voir meurtrières. Frustrés de toute perspective d’enrichissement pécuniaire, certaines gens, normalement bons, ont trouvé dans la perversité égotique une soupape à leur frustration. D’où les innombrables horreurs commises par des dirigeants communistes. En outre, dans un monde de beauté, et où l’on aurait tout à satiété, et où la maladie et la mort auraient disparus, dans un univers d’amour où l’on n’attendrait rien en retour, nous finirions par être dégoûté par un bonheur qui ne se mesure qu'à l’aune du malheur et de la lutte.

    L’utopie qui se rapporte à soi, si elle était à un moment donné irréalisable, peut fort bien devenir réalité. Un malade dit incurable peut très bien avoir mystérieusement retrouvé la santé ; grâce aux aléas de la vie, il est possible que le miséreux devienne un jour riche ; maints artistes qui étaient à un moment dédaignés ont soudain soulevé l’enthousiasme, bref, bien des malheurs que l’on croyait tenaces peuvent se transformer en bonheurs qui perdurent.

    La démocratie au sens étymologique, à savoir : « régime politique, système de gouvernement dans lequel le pouvoir est exercé par le peuple, par l'ensemble des citoyens », est à jamais utopique. En effet, qui dit pouvoir sous entend : autorité, puissance que détient une personne, moyens d'actions de quelqu'un sur un autre ou sur quelque chose. Nul besoin de s’attarder en ces lignes pour démontrer que la démocratie telle que définie par les dictionnaires est une vue de l’esprit. Même en Suisse où s’exerce régulièrement la démocratie directe, un régime politique dans lequel les citoyens exerceraient directement le pouvoir sans l'intermédiaire de représentants est une utopie. Et même les autorités ne peuvent, pour des raisons pratiques, tout soumettre au vote. De plus, si un sujet  est soumis à votation, la volonté du peuple n’est pas toujours respectée si le Parlement ou le Conseil Fédéral la juge problématique (voir le refus en votation de l’heure d’été).

    L’enfant né dans la misère a-t-il les mêmes chances de réussite que celui qui est né dans l’opulence ? L’adolescent qui fréquente une société cultivée, les meilleures écoles et est entouré de parents qui l’adorent, est-il sur le même pied d’égalité que celui dont le milieu social est plein de mauvaises fréquentations, qui est l’élève d’une école où l’enseignement est de piètre qualité et qui a des parents peu affectueux ? Et en règle générale : l’homme en parfaite santé, l’individu doté de talent, l’homme armé de volonté, sont-ils au même niveau que l’handicapé, que l’incapable, que l’aboulique, pour affronter les vicissitudes de la vie ? Que nenni ! C’est pourquoi penser que nous avons le total libre arbitre relève de l’utopie naïve. Sus donc aux théories qui nous le font croire. Nous sommes comme des chiens en laisse tenus par le destin de chacun d’entre nous. Nous avons l’impression d’être libre jusqu’à ce que des éléments indépendants de notre volonté nous rappellent que nous ne le sommes pas. Et la laisse n’a pas pour tout le monde la même longueur. Nous nous mouvons sur la mer de l’existence au gré des vagues qu’elle nous impose. Si le bateau s’assimile à notre corps et le gouvernail à notre psyché, alors, suivant la solidité du premier et suivant la force du second, nous nous noierons ou nous survivrons.

    Nombre d’entreprises présentent à posteriori un caractère utopique. Quand deux personnes s’affrontent avec l’ambition de l’emporter, le sort qui désignera le vainqueur qualifiera le vaincu d’utopiste. La nature qui a raison des prétentions humaines relègue au rang d’illusionnistes les personnes ayant échoué dans leurs plans.

    Et, pour terminer cette réflexion, certains dirons, mais je n'irais pas jusque là, que la foi en n’importe quoi, et particulièrement en une religion, est une utopie, car elle est en antilogie avec la réalité rationnelle. Que ce soit dans les Saintes Écritures, que ce soit dans la vie de tous les jours, poursuivent-ils, la foi ne se vérifie pas par le témoignage de quiconque, car il est soumis à des influences objectives ou subjectives. Pour être crédible, l’évidence de la foi devrait sauter aux yeux de chaque être humain ici-bas. Ne pouvant s’en faire valoir, insistent-ils, elle relève donc de l’utopie. Et par ailleurs, concluent-ils, de par sa pluralité, chaque croyance religieuse relègue les autres dans le domaine du mythe.

    Cependant, et j'en fais ma foi, les utopies sont ces bougies d'espérance que l’on allume lorsque l’obscurité des vicissitudes individuelles et universelles nous enveloppent. Elles sont également ces bouées qui flottent sur les vagues de l’Humanité.

    David Frenkel

     

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