frontière

  • On ne peut être qu'outré par le traitement médiatique réservé à un pays qui ne fait que se défendre depuis qu’il a vu le jour.

    Avant de développer le titre de mon article, j’aimerais faire part à  Jacques Simon-Eggly ce qui suit :

    Monsieur,

    le 3/4 de votre billet intitulé la Terre Sainte en enfer  nécéssite de ma part les mises au point suivants :

    Vous dites:

    ° Il est tout de même incroyable que des Palestiniens puissent être expulsés de leurs maisons à Jérusalem- est,  afin de laisser la place à des Israéliens...Il est incroyable que l’on puisse entendre des Juifs dire, comme une évidence, qu’il étaient là avant les Arabes, il y a plus de deux mille ans... Excusez-moi, vous ne vous êtes guère renseigné. En fait, il s'agit d'une mesure qui pourrait être prise (décision le 8 juin) pour non paiement de loyer, https://davidfrenkel.blog.tdg.ch/archive/2021/05/10/sus-aux-raccourcis-ignobles-315146.htm Nuance donc.

    ° Vous affirmez :  Mais, le fait que, depuis lors, quelque 600.000 colons se soient installés en territoire conquis et occupé, sans compter le grignotage à Jérusalem- est: voilà qui est plus qu’une action contraire au Droit international... Je vous pose cette question : comment peut-on coloniser un territoire auquel un pays, en l'occurrence la Jordanie qui l’occupait, a officiellement renoncé, et je vous pose la même question concernant Jérusalem-Est ? Les résolutions anti-israéliennes de l'ONU n'ont pas force de loi, surtout si ces territoires ont été conquises lors d'une guerre défensive ! Et comme le disait Lévi Eshkol, ancien premier ministre israélien,  "Non aux frontières d'Auschwitz" d'avant 1967, qui  n'étaient pas des frontières, mais des lignes d'amnistie datant vde 1948. Imaginez le Hamas prendre Jérusalem-Est, comme à Gaza, tirer des roquettes et cresuer des tunnels d'attaque depuis cette partie de la ville.

    °Vous préconisez encore: il faudrait, dans cette région, une coexistence en paix et en collaboration de deux États, avec un arrangement équitable sur Jérusalem trois fois ville sainte, écrivez-vous. Dommage que vous ne vous souvenez pas qu'en 2008, Ehud Olmert, qui exerçait alors les fonctions de premier ministre, avait proposé au chef de l'OLP 98% de la Judée Samarie, y compris le contrôle d'une grande partie de la vieille ville. Aussi aurait-il suffit de retourner à la table de négociations, sans pré-condition, après l'échec des pourparlers de 2014, sous la houlette d'Obama et de Kerry. Influencé par les médias, vous ne pouvez admettre que ce qui intéresse surtout les Palestiniens, c'est la disparition d'Israël. Ne parlons pas du Hamas, mais aussi de l'OLP qui, malgré les promesse faites à Camp David de reconnaître Israël, n'a non plus officiellement modifié sa charte (voir aussi https://fr.gatestoneinstitute.org/17365/palestiniens-objectif-detruire-israel).

    °Dès lors, le résultat, c’est que la colère gagne ... mais aussi, —et c’est nouveau,— les Arabes-citoyens israéliens, vous lamentez-vous. Toutefois, vous ne précisez pas qu'ils sont excités par le Hamas à travers les réseaux sociaux.

    En conclusion, je dirais que vous répétez ce que les médias veuillent bien porter à la connaissance du public. Aussi vous prié-je  de prendre connaissance non seulement de mon présent billet, mais aussi des paroles de Brendan O'Neil, rédacteur en chef de Spiked, qui écrit au début d'un article que je rapporte ci-après in extenso : Le procès de traitement avec deux poids et deux mesures d'Israël est l'une des facettes les plus inquiétantes de la politique mondiale  au 21e siècle.

    Respectueusement.

    Venons-en maintenant au titre de mon article :

    Bien des conflits saignent sur ce bas monde, mais aucun de ceux-ci n’occasionne le manque de courage d'appeler un chat un chat, ni autant de désinformation par omission, si ce n'est de fausses excuses au profit de l’agresseur de la part de médias qualifiés de « mainstream », que le conflit mettant au prise Israël et ceux qui ne reconnaissent toujours pas cet État. En voici un échantillon :

    °Viser aveuglement avec des roquettes des civils qu’ils soient juifs israéliens ou arabes israéliens, ne peut être que désigné comme étant un « crime contre l’humanité ». Mais il ne viendrait à l'idée d'aucuns de le dénoncer !

    °L’AFP, la mamelle de la presse, écrit ce jour 1) : Le Hamas avait lancé une première salve de roquettes vers Israël en guise de «solidarité» avec les plus de 700 Palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne sur l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam situé à Jérusalem-Est, portion de la ville sainte conquise par Israël en 1967. Mais elle tait le fait que, durant les journées des 7 et 8 mai derniers, ces « Palestiniens » jetaient, depuis le Mont du Temple, des pierres et des projectiles sur la police israélienne stationnée en bas en scandant "Nous sommes tous du Hamas","On attend vos ordres - commandant Mohammed - tirez une roquette sur Tel-Aviv ce soir", "Nous sommes tous du Hamas " en agitant des drapeaux du Hamas durant les prières du Ramadan.  

    °Dans le même article, on peut y aussi lire Des militants d’extrême droite ont manifesté mercredi soir à travers le pays, provoquant des affrontements avec les forces de l’ordre, et parfois des Arabes israéliens. La police a indiqué «réagir aux incidents violents dans plusieurs villes, notamment Lod, Acre et Haïfa». L’AFP occulte que de violentes manifestations d’Arabes israéliens ont eu lieu dans de très nombreuses localités israéliennes (voir le fil info du 11 mai et que je me suis donné la peine de rapporter2). Et chers lecteurs, sachez que la récente montée de la violence a commencé au début du Ramadan avec une tendance inquiétante sur TikTok, des Arabes agressant les Juifs et le filmant. La réponse a été un refoulement tout aussi troublant des Juifs israéliens d’extrême droite qui se sont révoltés à Jérusalem, scandant même «mort aux Arabes», et qu'il faut réprimer comme l'a déclaré Benjamin Netanyahu. Pourtant ne mettre en avant que l'agression qui répondait à celle des Arabes est diablement malhonnête. Je prie mes lecteurs de lire l'article de Thérèse Zrihen-Dvir concernant l'insurrection des arabes israéliens en cliquant sur le lien https://theresezrihendvir.wordpress.com/2021/05/13/relation-indeniable-entre-les-insurrections-des-arabes-disrael-et-la-morgue-du-hamas-par-therese-zrihen-dvir/.

    °Nombre de journalistes mettent la révolte des arabes israéliens sur le compte d’un risque d’expulsion (la Cour suprême israélienne ne statuera définitivement que le 8 juin prochain) en y voyant là un signe d’épuration ethnique. Or il s’agit simplement d’une mesure découlant d’un non paiement de loyer3). Diantre, dans quel endroit du monde considérerait-on une telle mesure juridique comme découlant de l’apartheid. Je signale aux journalistes que selon les données du Bureau central des statistiques, publiées en mai 2021, la proportion de Juifs dans la population israélienne est tombée sous le seuil de 74% pour la première fois cette année. Le rapport montre qu'à la création de l'État, la population juive s'élevait à 82,1%, alors qu'elle n'est aujourd'hui que de 73,9%. Cherchez donc l'erreur !

    °« L’esplanade des mosquées » efface bien trop souvent dans maints articles journalistiques « Le Mont du Temple » de l’Histoire, car certains ne se donnent pas la peine de le mettre en rajout. Pourtant le Temple y a été construit bien avant les mosquées. Cette façon de faire justifierait  pernicieusement que  Jérusalem-Est serait occupé par Israël.

    °On ne cesse de nous rabâcher que des enfants gazaouis auraient trouvé la mort lors de frappe israéliennes. Mais aucun des preux journalistes, et sachant pertinemment que Tsahal ne fait que bombarder des structures militaires ou celles servant de base aux terroristes ainsi que les immeubles d'où partent les tirs de roquettes, tout en prenant soin d'en avertir par avance les gens occupant les lieux, ne se demande comment se fait-il que des enfants puissent s'y trouver sans devoir servir de boucliers humains ? Poser la question, c’est ne pas mettre en relief que le Hamas est un groupe terroriste, pourtant classé comme tel par l'U.E. et les États-Unis. Et je vous fait part d'une information qui vient de tomber à l'instant : "Des roquettes du Hamas ont tué 16 Gazaouis mardi, dont 8 enfants"4). On peut également s'insurger contre l'information qui dénombre le nombre de morts à Gaza; maints et maints terroristes y figurent sans que la presse ne se donne la peine d'informer le public quant au nombre de terroristes tués selon les communiqués de Tsahal.

     Toute personne faisant tant soit peu preuve d’un sentiment d’objectivité ne peut qu’être outré par le traitement médiatique réservé à un pays qui ne fait que se défendre depuis qu’il a vu le jour.

    David Frenkel

    1)https://www.tdg.ch/israel-intensifie-ses-raids-a-gaza-combat-des-emeutes-sur-son-sol-463805231717

    2)https://davidfrenkel.blog.tdg.ch/archive/2021/05/11/israel-fera-a-un-campagne-mediatique-qui-lui-est-hostile-315176.html

    3) https://davidfrenkel.blog.tdg.ch/archive/2021/05/10/sus-aux-raccourcis-ignobles-315146.html

    4) https://cqvc.online/des-roquettes-du-hamas-ont-tue-16-gazaouis-mardi-dont-8-enfants/

    Et voici encore pour ceux que cela intéresse :

    Pourquoi les Israéliens ne se laissent-ils pas tuer ?


    Par Brendan O’Neill rédacteur en chef de Spiked et animateur du podcast enrichi, The Brendan O’Neill Show. INFOS ISRAEL NEWS


    Le procès et le traitement d’Israël avec deux poids deux mesures est l’une des facettes les plus inquiétantes de la politique mondiale au 21e siècle.

    Il y a deux semaines, les forces turques ont lancé un assaut militaire contre la région de Duhok au Kurdistan irakien. Les habitants ont été contraints de «fuir dans la terreur» par la pluie de bombes. Ce n’était que le dernier bombardement de la Turquie, membre de l’OTAN et allié occidental, contre les Kurdes assiégés. Ce n’était pas une tendance sur Internet. Il n’y a pas eu de manifestations bruyantes à Londres ou à New York. Les Turcs n’étaient pas considérés dans les cercles de justiciers comme des assassins fous et sanguinaires. Les utilisateurs de Twitter n’ont pas rêvé à haute voix de Turcs brûlant en enfer.
    The Onion n’a fait aucune satire sur la façon dont les soldats turcs aiment tuer des enfants. Non, l’attaque de Duhok est passée sans pratiquement aucun commentaire.

    Mais quand Israël entre en action militaire, c’est une autre histoire. Toujours. Toujours. La fureur anti-israélienne en Occident s’est intensifiée à un degré extraordinaire suite à l’escalade de la violence au Moyen-Orient ces derniers jours. Les manifestations ont été instantanées et incendiaires. Des drapeaux israéliens ont été brûlés dans les rues de Londres. Les réseaux sociaux ont été inondés de condamnations. « Un soldat des Forces de défense israéliennes raconte l’histoire déchirante et héroïque de la mort d’un garçon de 8 mois », a tweeté The Onion, avec des dizaines de milliers de « j’aime »… «Israël doit être boycotté, isolé et expulsé de la communauté internationale, ont crié les gauchistes. Les politiciens occidentaux, dont Keir Starmer, n’ont pas tardé à porter un jugement. Quelle est la différence ? » Lire une banderole lors d’une marche à Washington DC qui mettait en vedette le drapeau israélien aux côtés du drapeau nazi. Les Juifs sont les nazis maintenant, voyez-vous. Ironique, hein ?

    C’est la question à laquelle les militants anti-israéliens n’ont jamais été en mesure de répondre : pourquoi traitent-ils Israël si différemment de toute autre nation sur Terre ? Pourquoi est-ce une soif de sang enfantine quand Israël entreprend une action militaire mais pas quand la Turquie ou l’Inde le font ? Pourquoi devons-nous sortir dans les rues pour allumer le drapeau israélien mais jamais le drapeau saoudien, malgré la guerre démesurée de l’Arabie saoudite contre le Yémen ? Pourquoi est-ce seulement «mauvais» ou, dans le pire des cas, «horrible» quand la Grande-Bretagne ou les États-Unis larguent des bombes au Moyen-Orient, mais est-ce du nazisme quand Israël tire des missiles sur Gaza ? Pourquoi se limitent-ils à s’opposer à l’action militaire de certains États, mais haïssent-ils Israël, viscéralement, publiquement, à voix haute ?

    Le procès et le traitement d’Israël avec deux poids deux mesures est l’une des facettes les plus inquiétantes de la politique mondiale au 21e siècle. Ce double standard est devenu clair ces derniers jours. Israël est désormais le seul pays du monde à être attaqué. Laissez-le s’asseoir et ne rien faire pendant que ses citoyens sont attaqués avec des pierres ou des roquettes. Comment expliquer autrement qu’un si grand nombre de personnes ne souhaitent placer l’actualité dans aucun contexte, y compris celui d’un mouvement islamiste antisémite déclaré – le Hamas – tirant des centaines de missiles sur des zones civiles en Israël ? Dans ce contexte, faire rage uniquement contre Israël, maudire son peuple et brûler son drapeau parce qu’il a envoyé des missiles pour détruire les positions de tir du Hamas à Gaza, c’est dire essentiellement : « Pourquoi les Israéliens ne se laissent-ils pas tuer ? »

    Aucune autre nation ne devrait répondre ni à la désorganisation interne – les partisans du Hamas se sont mutinés dans certaines parties de Jérusalem et autour de la mosquée Al-Aqsa – ni aux attaques étrangères. Imaginez que l’île de Wight abrite un mouvement dont la constitution fondatrice exprime la haine de tous les Britanniques de souche et qui tire régulièrement des centaines de missiles vers Sussex, Kent, Hampshire. L’armée britannique ne répondrait-elle pas ? Bien sûr que oui. Mais la diabolisation d’Israël par les woks est maintenant si aiguë qu’Israël devrait recevoir les attaques militaires des islamistes radicaux dans son sud. Pour les militants occidentaux, qui trouvent l’existence même d’Israël odieuse, tout effort d’Israël pour protéger ses frontières ou ses citoyens est un affront à la paix et à la décence dans le monde. Ils ne peuvent pas comprendre pourquoi Israël ne se hait pas autant qu’ils le détestent, et par conséquent ils ne permettront pas qu’il soit puni par ses ennemis justes. Comment osent-ils vivre.

    En ce qui concerne Israël- Palestine, le contexte local est toujours submergé par le récit et les préjugés des observateurs occidentaux. Ainsi, la violence actuelle est considérée comme dérivée du «nettoyage ethnique» par Israël dans le quartier arabe de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est. La dernière crise israélo-palestinienne est liée au nettoyage ethnique », a déclaré MSNBC. Premièrement, les événements de Sheikh Jarrah, bien qu’ils soient sans aucun doute angoissants et désagréables, sont plus complexes que de nombreux observateurs ne l’admettent. Deuxièmement, et plus important encore, la description des tensions actuelles comme une bataille entre un Israël expansif et une communauté palestinienne assiégée néglige le conflit intra- palestinien en cours se développe en ce moment.

    Une grande partie de l’instabilité actuelle découle de l’annonce faite il y a deux semaines par Mahmoud Abbas de l’annulation des élections en Cisjordanie. Abbas est le chef du Fatah et le président palestinien. Il est président depuis 2005. Il était censé être un mandat de quatre ans, mais il a duré 16 ans. La démocratie a disparu dans les  » Territoires palestiniens ». Comme l’indique un rapport, aucun Palestinien de moins de 34 ans n’a jamais participé aux élections nationales. Abbas a déclaré que sa dernière annulation électorale était due à des désaccords sur Jérusalem-Est, mais beaucoup soupçonnent que sa véritable préoccupation est que le Hamas vaincra le Fatah et en vienne à dominer Gaza et la Cisjordanie. Les actions récentes du Hamas ont été avant tout une réponse à Abbas et une tentative de positionner le Hamas comme le véritable représentant des Palestiniens vis-à-vis d’Israël.

    Et en cela, le Hamas a eu l’aide pleine et insensée des anti-israéliens obsessionnels en Occident. L’hyper-moralisation par les Occidentaux des tensions actuelles, leur représentation du conflit comme une histoire en noir et blanc du mal d’Israël contre les courageux défenseurs arabes de Jérusalem-Est, a grandement profité au Hamas dans son conflit de légitimité intra-palestinienne avec le Fatah. Le lobby naïf anti-Israël contribue sans but à élever une organisation islamiste radicale au rang de leader de tous les Palestiniens. En fait, certains militants anti-israéliens se joignent même au slogan dégoûtant du Hamas « Du fleuve à la mer, la Palestine sera libre », qui est essentiellement un appel à effacer Israël de la carte. Cela représente une vile consommation du mariage impie entre la gauche occidentale et l’islam radical.

    C’est l’ironie du commentaire et de l’activisme anti-israélien du XXIe siècle : il a la forme de l’anti-impérialisme, mais la ligne de fond de l’impérialisme. Remarquez comment les militants qualifient Israël d’«État voyou», empruntant le langage de l’impérialisme occidental moderne. Regardez comme ils appellent les puissances occidentales à isoler et punir Israël et à lui appliquer des sanctions. Ou voyez comment, dans sa forme la plus extrême, l’activisme anti-israélien promeut une caricature raciale d’Israéliens assoiffés de sang, aussi singulièrement dangereux, comme une menace très particulière à la paix mondiale. Le sentiment anti-israélien prend les positions de libération nationale du XXe siècle alors qu’en fait, il n’y a rien de positif dans l’attaque contemporaine contre Israël. Dans sa naïveté, il contribue à l’essor du Hamas. Dans son arrogance, il donne à l’Occident le pouvoir de déterminer le sort du Moyen-Orient. Tout cela accumule plus de conflits et de haine pour l’avenir.

     

     

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